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samedi 5 mai 2012

Les abeilles , sentinelles de l' environnement

GRENOBLE - Projet de réseau de ruches communicantes pour surveiller l'environnement


GRENOBLE - Un projet de réseau de 30.000 ruches équipées de capteurs permettant de recueillir et de transmettre à distance des données environnementales à l'échelon européen a été présenté jeudi au forum 4i de Grenoble, consacré aux innovations technologiques.
Appelé Bee-Secured, ce projet est issu d'une technologie développée par le CEA-Leti, laboratoire de recherche grenoblois spécialisé dans la microélectronique.
"Il s'agit de collecter des informations environnementales qu'on revendra ensuite à des acteurs privés et publics", explique Jean Borel, initiateur du projet.
Grâce à de multiples capteurs surveillant le comportement des abeilles, les ruches de Bee-Secured recueilleront des informations sur la pollution, la biodiversité, les bactéries présentes dans l'environnement ou la radioactivité.
"La densité de la grappe d'abeilles évolue en fonction du temps et de certains paramètres extérieurs", a donné en exemple Jean Borel.
Les ruches pourront ainsi mesurer la qualité de l'air à partir des particules ramenées par les abeilles et cela "sur une étendue beaucoup plus grande" qu'un capteur fixe, les abeilles couvrant en moyenne un périmètre de 27 km2 autour de leur ruche, a-t-il ajouté.
Grâce aux informations collectées, Jean Borel affirme qu'il pourra proposer via un site internet des prévisions météorologiques, des prévisions de récoltes pour les plantes polliniques ou une estimation du stress hydrique d'une région.
Les clients visés sont les collectivités locales, des industriels, des agriculteurs, etc.
Actuellement, Bee-secured effectue une expérimentation sur 600 ruches installées au Portugal.
La mise en place d'un réseau de 30.000 ruches instrumentées en Europe coûterait 3,5 millions d'euros, estime le fondateur de Bee-secured, qui assure sans plus de précisions pouvoir financer ce déploiement "sur fonds propres"

mardi 24 avril 2012

Dérèglement climatique : les plantes migrent...

Climat. Les fleurs de montagne grimpent vers les sommets

CLIMAT - Le réchauffement climatique pousse la flore à rechercher la fraîcheur en altitude...

Les fleurs grimpent pour fuir la chaleur: selon une étude publiée jeudi dans la revue américaine Science, l'accélération du réchauffement climatique crée un stress important chez les plantes des montagnes européennes et les contraint à migrer vers les sommets, rapporte l’AFP. S’appuyant sur un inventaire de 66 sommets du nord de l’Europe à la Méditerranée, les scientifiques ont également noté une perte importante de la diversité des espèces.

La sécheresse, première cause de déclin des espèces

Les chercheurs de l'Académie autrichienne des sciences et l'Université de Vienne ont cartographié toutes les espèces de plantes et ont comparé les données avec ce qu’ils avaient observé en 2001 et 2008. «Nos résultats montrent un déclin des variétés de plantes sur les sites méditerranéens, ce qui est préoccupant car ces montagnes abritent une flore unique et une grande proportion de ces espèces n'existe nulle part ailleurs sur la planète», explique Harald Pauli, du Global Observation Research Initiative. «Les disparitions d'espèces ont été les plus prononcées sur les sommets les moins élevés où les plantes souffrent plus tôt du manque d'eau que sur les montagnes plus élevées qui restent plus longtemps enneigées», précise-t-il.
C’est le manque de précipitations qui pourrait causer de graves dégâts dans les milieux méditerranéens, mais pas seulement: «L'impact du changement climatique avec la montée des températures, combiné à la sécheresse grandissante, va probablement menacer de plus en plus la flore des montagnes de cette région sur le continent européen mais aussi dans le reste du monde», estime Georg Grabherr, président du Global Observation Research Initiative.

lundi 23 avril 2012


Ecologue: Un ange-gardien des bêtes et fleurs


ENVIRONNEMENT - Florent Yvert est écologue, un métier apparu il y a une dizaine d'années...

Sauvegarder la faune et la flore francilienne en danger. Voilà la mission de Florent Yvert, écologue de profession. Son métier, apparu il y a une dizaine d’années, consiste à conseiller les collectivités territoriales pour que leurs projets d’aménagement respectent la biodiversité. «Je suis ornithologue de formation et avec mon collègue entomologiste, nous avons monté notre entreprise, Biodiversita, en 2000, à une époque où ce métier était très peu connu et où ce genre de structure se comptait sur les doigts d’une main. Depuis 2005 et notamment le Grenelle de l’environnement, les formations professionnelles se sont multipliées.»
Quand d’autres écologues cherchent des solutions pour faire des économies d’énergie, Florent Yvert donne des idées pour préserver l’existant et même créer un milieu naturel favorable à des espèces menacées, dans des éco-quartiers par exemple. «Cinquante ans après la construction rapide d’immeubles, beaucoup d’espèces ont décliné car leur milieu naturel a disparu, notamment les criquets et sauterelles, la chevêche d’Athéna – une petite chouette – ou même le moineau. Dans les années 1980, on a planté beaucoup d’arbres aux papillons, mais ils prennent la place d’espèces indigènes.»
S’il n’est pas toujours évident de faire passer au public l’importance d’avoir une friche ou un marais dans un parc, lui se dit confiant: «Les jardins “naturels” ont clairement une morphologie différente, mais le public est demandeur.»
Oihana Gabriel

samedi 14 avril 2012

Elections présidentielles dans 8 jours : Mme Eva Joly...(2/10)

Les mesures environnementales d'Eva Joly (Europe Ecologie Les Verts)

E.JolyEva Joly
© Eva Joly
Les élections présidentielles 2012 suscitent de nombreux débats d'idées mais aussi bien des déceptions, notamment sur les questions environnementales. C'est pourquoi, nous vous proposons de découvrir les engagements environnementaux des candidats à la présidence de la République française. Nous vous proposons de découvrir ceux d'Eva Joly (Europe Ecologie Les Verts).
Ca y est ! La course à la présidentielle est enfin engagée. Si l'exercice ne brille pas par son respect de la démocratie avec cette course effrénée et biaisée aux adhésions de maires, les candidats les plus acharnés, chanceux ou simplement les plus représentés ont pu obtenir leurs 500 signatures. Ils peuvent maintenant prétendre aux plus hautes fonctions de l'Etat.
Contrairement à l'élection présidentielle de 2007, les problématiques environnementales sont particulièrement absentes du débat électoral, pourtant l'urgence est plus criante que jamais. C'est pourquoi, afin de mesurer l'engagement environnemental des candidats à la présidentielle, nous avons choisi 10 sujets particulièrement brûlants. Ces thèmes méritent depuis déjà trop longtemps des réponses fortes et immédiates. Chaque candidat se verra attribuer une note sur 10 pour évaluer sa prise de conscience.
Cette analyse est réalisée via l'étude de chaque programme officiel des candidats, tel qu'il est décrit sur le site Internet officiel du présidentiable. Nous poursuivrons notre analyse des 10 candidats en lice, suivant l'ordre alphabétique, par Eva Joly. Les programmes des autres candidats seront exposés dans les jours qui suivent.
Eva Joly, 68 ans, est une ancienne magistrate. Ella été élue députée européenne Europe Écologie en Ile-de-France en 2009. Eva Joly est la candidate d'EELV (Europe Ecologie Les Verts) suite à sa victoire sur Nicolas Hulot lors de la primaire écologiste de 2011.

Les engagements officiels, commentés, d'Eva Joly en matière d'environnement

Préservation et reconquête de la biodiversité

"Lancer un plan national d'éducation à la préservation de la nature pour systématiser l'enseignement des sciences de la nature à tous les niveaux, de l'école primaire aux formations professionnelles. Dès la rentrée 2012, chaque enfant de primaire bénéficiera d'une animation ou d'une sortie nature par le biais d'un partenariat renforcé entre l'Etat et les associations de protection de l'environnement."
L'éducation à l'environnement et le contact avec une nature oubliée est essentielle si l'on veut que les adultes de demain, futurs moteurs de la société, orientent leurs décisions avec plus de sérieux et de responsabilité vis à vis de notre support de vie.
Mettre en œuvre un grand chantier de remise en nature du territoire : opposabilité des trames vertes et bleues, renaturation des grands fleuves (Rhône, Loire, Seine et Rhin), rétablissement de la perméabilité des grandes infrastructures linéaires aux flux biologiques.
Les trames vertes et bleues désignent les continuités écologiques non bâties où les espèces animales et végétales peuvent se développer et circuler. Les rendre opposables signifie qu'elles seront juridiquement contraignantes lors de l'élaboration des documents d'urbanisme, ce qui n'est pas le cas, sauf exceptions. Or, la fragmentation des espaces naturels et boisés par les infrastructures de transport et par l'étalement urbain cloisonne la nature dans des îlots où la biodiversité dépérit. Restaurer ces continuités et les préserver est donc une mesure indispensable.
Organiser une Conférence nationale de protection du littoral, des estuaires et de la montagne, qui devra aboutir au renforcement des dispositifs actuels. Il s'agira en particulier de limiter l'artificialisation, de préserver les espaces naturels et agricoles, de renforcer la surveillance et la prévention des pollutions d'origine agricole dans les estuaires et les baies.
Adopter une loi foncière pour enrayer l'étalement urbain et garantir la mixité sociale et fonctionnelle : l'objectif est de valoriser les espaces naturels, agricoles et boisés, en lien avec des territoires urbains équilibrés entre logements, activités et loisirs. Pour ce faire, les politiques du logement et de l'urbanisme ne seront plus menées au niveau de chaque commune mais à l'échelle des agglomérations.

En s'artificialisant à tout va, sans aucune réflexion sur la gestion des risques et les conséquences pour le vivant, notre territoire est aujourd'hui fragilisé et particulièrement vulnérable aux aléas météorologiques comme en témoignent les conséquences de la tempête Xynthia.
"L'objectif zéro artificialisation nette du territoire d'ici 2025. Un observatoire de la consommation foncière publiera chaque année les chiffres de l'artificialisation, et une fiscalité spécifique sera créée (...) L'artificialisation des terres agricoles sera fiscalement découragée."
En 2009 en France, selon une enquête Eurostat, 5% de la couverture du sol était considéré comme imperméabilisé et 12 % était exploité pour le commerce, les services, le logement, l'industrie et le transport. Or l'artificialisation du territoire se poursuit, notamment en Ile-de-France où, selon l'IAU-idf, plus de 21% des sols sont déjà artificialisés, tandis que les forêts et cultures régressent. Cette tendance ne devrait pas s'inverser puisque le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF), adopté par les députés le 31 mai 2011, prévoit de renforcer l'attrait de la région capitale et donc son nombre de logements, d'équipements et d'infrastructures...

Lutte contre les émissions excessives de gaz à effet de serre

"Réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, par rapport à 1990, pour limiter le réchauffement de la planète sous les 2°C."
Lors de la conférence de Cancún sur les changements climatiques qui s'est déroulée fin 2010, les états ont reconnu qu'il était impératif de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40 % d'ici à 2020 pour ne pas dépasser le seuil fatidique de 2°C d'augmentation de la température moyenne de la planète. Si la France peut se targuer d'avoir diminué ses émissions de près de 10% depuis 1990, c'est parce qu'elle a délocalisée massivement sa production manufacturière et industrielle. Malheureusement, même si la France tient son objectif de 30%, c'est un effort mondial, urgent et sans précédent qui est attendu. Or, il n'y a plus de doute : l'humanité ne pourra plus maintenir le réchauffement de la planète sous les 2°C.
"Construire chaque année 500 000 logements, à basse consommation d'énergie (...) Rénover un million de logements par an, d'ici 2020, au niveau « basse consommation d'énergie », en commençant par ceux dans lesquels vivent les huit millions de personnes en situation de précarité énergétique. Les bâtiments publics seront tous rénovés d'ici 2030."
La France compte environ 32,2 millions de logements dont 18,8 millions - soit 58 % du parc - qui ont été construits avant la réglementation thermique de 1975. Ce qui explique que le secteur du bâtiment est à l'origine de 23 % des émissions de CO2 et de 43 % de la consommation d'énergie finale en France. Le chauffage représente près de deux tiers de ces consommations d'énergie et la majeure partie des émissions de CO2 du secteur. L'action dans ce domaine est essentielle et ne doit pas se limiter à un Diagnostic Performance Energetique dont on sait combien il est dévoyé, réalisé avec beaucoup de légèreté et finalement inefficace.
Passer en basse consommation selon la Réglementation Thermique 2005 implique une consommation énergétique très inférieure, le chantier est donc colossal mais nécessaire.

Adaptation au changement climatique et prévention des risques naturels

"Engager tous les territoires et les secteurs d'activités, en commençant par l'agriculture, à anticiper et à s'adapter dès à présent aux changement climatiques."
Le changement climatique est une réalité tangible comme en témoignent de nombreux indicateurs environnementaux. Pour de nombreux pays, et notamment les plus pauvres, l'heure n'est plus aux tergiversations mais à l'adaptation. En France aussi, la hausse inexorable du niveau des océans, la migration des espèces, les sécheresses prolongées, les canicules plus fréquentes... obligent notre pays à s'adapter sous peine d'entraîner sa déliquescence. Soulignons la prise de conscience d'Eva Joly, seule candidate à s'en soucier, même si son engagement reste assez vague.

Développement et soutien aux énergies renouvelables

"Organiser la sortie du nucléaire en 20 ans (...) Faire de la France un leader industriel des énergies renouvelables, en produisant 40 % de notre énergie par des sources renouvelables dès 2020 (hors carburant). Il faut engager notre pays sur la voie d'un mix énergétique 100 % renouvelable."
Eva Joly inscrit la sortie du nucléaire dans son programme politique et annonce des objectifs très ambitieux pour y répondre. En effet, en 2010, seulement 14,6 % de l'électricité produite en France était d'origine renouvelable au lieu des 21 % auxquels la France s'était engagée. Actuellement, l'objectif fixé pour 2020 est de 23 % d'énergies renouvelables dans sa consommation globale. 100 % d'énergie renouvelable (hors carburant) en France est un vrai défi, courageux mais pas impossible.

Production locale, soutien aux filières courtes dans le respect de l'environnement

"Une alimentation saine passe par le développement de l'agriculture biologique, dans le cadre de la conversion générale vers l'agroécologie. Sur le modèle de la loi SRU, les collectivités seront incitées à convertir au minimum 20 % de leurs surfaces agricoles utiles à l'agriculture biologique d'ici la fin du quinquennat. L'objectif doit être de permettre, dans un premier temps, une alimentation 100 % bio dans les cantines de nos enfants, pour les crèches et les maternelles d'ici la fin du quinquennat. L'objectif de réduction de 50 % des pesticides d'ici 2018, issu du Grenelle de l'environnement, deviendra prioritaire. Mais il ne peut s'agir que d'une étape. L'horizon que l'on doit se fixer, pour et avec les agriculteurs, c'est la sortie des pesticides en une génération."
Des engagements chiffrés, ambitieux qui placent l'agriculture biologique comme un pilier de l'agriculture de demain. Eva Joly souhaite la sortie du "tout pesticide" alors que la France est le troisième consommateur mondial de ces produits appelés "phytosanitaires". Or, et c'était inévitable, les pesticides sont aujourd'hui au coeur de scandales sanitaires, notamment chez les agriculteurs, et d'une pollution généralisée de notre support de vie. Avec 20% de surface allouée à l'agriculture biologique dans chaque collectivité territoriale, ce mode de production pourra enfin répondre à une demande en croissance et éviter ainsi les importations, contre-nature, de produits alimentaires bio.

Lutte contre la pollution de l'air

"Investir quatre milliards d'euros par an dans les transports alternatifs à la voiture et au camion, en commençant par améliorer la qualité et l'offre de trains sur le réseau ferré local, et en développant le fret ferroviaire."
Si la plupart des pays européens font preuve de dynamisme en matière de fret ferroviaire, en France, c'est la débâcle... Malgré les investissements réguliers de l'Etat dans la SNCF, le transporteur français n'est manifestement pas capable de développer ce marché, pire il chute dramatiquement. Outre les soutiens financiers, c'est toute la logique de la SCNF qu'il faudrait revoir : les prix sont devenus dissuasifs par rapport à la route tandis que la qualité du service se dégrade continuellement.
"Des plans d'actions locaux mis en place pour lutter contre la pollution de l'air."
L'intention semble louable mais peu explicite. Le cas des moyens de transport individuels n'est pas clairement évoqué alors que les automobiles, notamment diesel, sont à l'origine d'une pollution de l'air qui demeure inacceptable.

Elimination des produits chimiques dangereux et notamment cancérigènes dans l'alimentation, l'eau et les cosmétiques

"1 % du budget de la santé sera dédié à la politique de prévention et un Institut national de recherche en santé environnementale sera créé."
Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail "90 à 95 % des cancers, sont liés à des causes exogènes, c'est-à-dire, à l'environnement au sens large. Celui-ci inclut les modes de vie (tabac, alcool, sédentarité, habitudes de consommation alimentaire, exposition solaire...) et les expositions à des facteurs environnementaux naturels (radon...), aux agents chimiques, physiques et infectieux de l'environnement général et professionnel. Les conditions socio-économiques, mais aussi géographiques, lorsqu'elles sont défavorables, constituent également un facteur de risque".
A ce titre, une véritable politique de prévention doit effectivement être mise en place. Les services de santé ne doivent pas seulement tenter de guérir mais doivent oeuvrer dans une cohérence d'ensemble pour éviter les rédicives et l'apparition d'affections de longue durée. Force est de constater que le chemin à parcourir est encore très long...

Diminution des déchets, augmentation de la réutilisation et du recyclage

"Refonte de la législation sur les déchets, avec un plan de fermeture progressive des incinérateurs, à mesure de la montée en puissance des filières alternatives."
Actuellement, la France compte 127 incinérateurs en fonctionnement (1/3 du parc européen). Si les incinérateurs ont été au coeur de scandales sanitaires il y a quelques années, leur mise aux normes et leur suivi les rend maintenant bien plus acceptables. Toutefois, l'idéal serait de développer les filières de recyclage et de réutilisation afin que tout déchet devienne une matière première secondaire. Trop souvent l'incinération brûle de la matière organique, des matériaux qui pourraient être récupérés. D'ailleurs, sous prétexte que l'incinération permet aussi de produire de l'électricité ou d'alimenter des réseaux de chaleur, certains industriels de l'incinération parent de toutes les vertues ce mode de traitement des déchets, oubliant qu'il ne s'agit pas d'une fin mais d'un moyen.
"Le suivi des déchets de construction sera mis en œuvre pour garantir leur tri et leur recyclage."
En ce qui concerne les déchets de construction, 41 % du tonnage des déchets provient du BTP (Bâtiments et Travaux Publics) contre seulement 4 % pour les ménages. Si la loi du 13 juillet 1992 n'autorise en décharge que les déchets ultimes, les déchets du BTP sont insufisamment recyclés, alors même que les matériaux de construction sont insuffisants, notamment en Ile-de-France.
Là aussi, un suivi plus stricte est indispensable pour éviter un gâchis et des infractions continuelles qui polluent l'environnement.
"Une stratégie nationale contre le gaspillage : extension du système de bonus-malus aux produits électroménagers, allongement de la garantie des produits, soutien au secteur de la réparation, etc."
Un engagement qui sera compliqué à tenir dans une société où, pour soutenir une croissance basée sur la surconsommation, le tout jetable est roi et le moindre produit high-tech a une durée de vie volontairement limitée à quelques années, comme en témoignent les produits mobiles Apple dont nous sommes si friands. Il n'empêche que cette logique purement commerciale n'a pas d'avenir dans un monde où les ressources sont finies et où le nombre de consommateurs explose.

Diminution de notre consommation de biens et dématérialisation de l'économie

Aucun engagement

Amélioration du bien-être animal dans l'agriculture

"Définir un nouveau statut de l'animal : la loi sera modifiée pour agir contre le trafic d'animaux et pour favoriser le bien-être de ces derniers, qu'ils soient domestiques ou non, dans toutes les politiques sectorielles : transport, élevage, abattage, animaleries, cirques, etc. La législation sur la chasse évoluera pour introduire le respect de l'animal et la bonne santé des populations d'espèces."
Là aussi, soulignons l'engagement rare d'un candidat à la présidentielle alors que le scandale de l'abattage halal et les nombreuses infractions à la loi montrent que les industriels de l'agro-alimentaire n'ont que peu de considération pour la vie animale, si ce n'est pour le profit qu'ils peuvent en tirer. En ciblant la chasse, les cirques et les animaleries, Eva Joly assume pleinement sa sensibilité à la cause animale. Cependant, cette mesure reste quelque peu évasive.

Note attribuée

7,5/10

Appréciation des engagements

Eva Joly, plus que tout autre candidat, a pris la mesure de l'urgence environnementale : le constat est pertinent, les solutions proposées sont fortes, courageuses et constituent un formidable élan dont la France a besoin.
L'écologie est au coeur de son programme et devrait permettre de construire une société plus solide, plus durable où la mobilisation citoyenne se fera autour de grands travaux d'intérêt général.
Toutefois, quelques points emblématiques mériteraient des précisions et davantage d'engagement. A ce titre, la candidate à la présidentielle ne renie pas le système actuel et ne se prononce pas officiellement sur la nécessaire décroissance de notre consommation et la promotion d'une nouvelle forme de société.
Ce "détail" inquiète car l'on connaît l'affinité d'Europe Ecologie Les Verts avec le Parti Socialiste, pourtant très peu investi sur les questions environnementales. A vouloir acquérir un peu de pouvoir politique, les convictions de la candidate pourraient bien se diluer dans un système contradictoire, qui s'illustre depuis des décennies par son dédain de l'écologie.

Avertissements

Les mesures reprises sur cette page émanent directement du programme politique officiel du candidat, nous ne prenons pas en compte les mesures cachées, sous-entendues, qu'il faudrait deviner, qui proviennent d'un article de presse, d'un livre du candidat, d'une page web qui ne relève pas du programme officiel ou d'un discours prononcé au détour d'une caméra. Chaque sujet évoqué ici doit faire l'objet d'un traitement clair dans le programme pour être pris en considération.
De surcroît, nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, le programme du candidat peut avoir des conséquences environnementales de par ses choix dans d'autres domaines.
Notre analyse ne porte que sur des mesures que nous considérons comme cruciales pour l'avenir de nos sociétés.
Enfin, notons bien que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce qui signifie qu'il faut relativiser la portée et la concrétisation des mesures préconisées par les candidats. L'histoire de la politique en témoigne largement.

Notes attribuées aux candidats

Source

Programme officiel du candidat Eva Joly

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

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Actualités

mercredi 4 avril 2012

Les paysans du monde contre les OGM...

OGM: Récits de victoires contre Monsanto


AGRICULTURE - Un rapport de plusieurs ONG relate les combats des paysans du monde entier contre la firme américaine...

D'Europe à l'Amérique latine en passant par l'Afrique et l'Inde, des milliers de paysans se sont élevés contre Monsanto et ses OGM: des efforts qui ont convaincu des décideurs politiques à mieux encadrer le secteur agroalimentaire, selon un rapport d'ONG. «Là où Monsanto est présente, les semences locales deviennent illégales, la biodiversité disparaît, les terres sont polluées, les paysans et ouvriers agricoles empoisonnés, criminalisés, expulsés de leurs terres», assurent Les Amis de la Terre International, Via Campesina et Combat Monsanto dans un rapport qui sera publié jeudi. Témoignages à l'appui, il relate les récents combats contre le principal fournisseur de semences génétiquement modifiées.
Le groupe américain Monsanto, fondé en 1901, s'était rendu célèbre par des produits chimiques agricoles dangereux pour la santé comme le DDT, ou les composants de l'Agent Orange, un défoliant utilisé par l'armée américaine au Vietnam. «Ce rapport démontre que les fortes objections des mouvements sociaux et des organisations de la société civile ont un impact sur les décideurs politiques chargés d'encadrer le secteur agroalimentaire et d'édicter les règles en matière de pesticides et de cultures transgéniques», souligne le texte.

Des victoires partout dans le monde

En Europe, l'opinion publique reste majoritairement opposée à la production alimentaire à partir de semences OGM. Mais la tâche est plus difficile pour les opposants dans les pays en développement ou émergents. Néanmoins des mouvements paysans y ont remporté des succès: le moratoire imposé sur l'aubergine BT, version transgénique de ce légume de base en Inde, le rejet des dons de semences hybrides en Haïti, après une mobilisation massive, en raison des risques pour la souveraineté alimentaire.
Au Guatemala des réseaux anti-OGM ont alerté sur des projets de législation et d'adoption de programmes de développement américains favorisant l'arrivée de semences transgéniques dans le pays. En Afrique, une Alliance pour la souveraineté alimentaire encourage à ne pas suivre l'exemple de l'Afrique du sud qui a adopté la technologie OGM «bien que les variétés de plantes transgéniques en question (...) ne résistent ni à la sécheresse ni aux inondations», note le rapport. Malgré toute cette mobilisation le rapport déplore «l'offensive sans précédent de l'agronégoce sous la bannière de la nouvelle économie verte dans les préparations du sommet Rio+20» en juin.

lundi 2 avril 2012

Le Cruiser tue bien les abeilles....

Dangers du Cruiser pour les abeilles: le fabricant conteste, les scientifiques confirment

PARIS - Face aux dénégations du fabricant du Cruiser, les scientifiques confirment que ce pesticide fait courir des dangers aux abeilles mais soulignent que le risque doit être encore avéré en plein champ.
Co-auteur, avec Mickaël Henry, d'une étude française publiée jeudi dans la revue scientifique américaine Science sur le thiaméthoxam, le chercheur français Axel Decourtye a aussi souligné que la mission de statuer sur les risques de l'utilisation du pesticide Cruiser OSR fabriqué par le groupe suisse Syngenta revient "aux instances officielles".
Le groupe, des Toxiques, suisse Syngenta, numéro un mondial de l'agrochimie, a contesté dans un communiqué l'étude portant sur le thiaméthoxam, l'une des matières actives du Cruiser OSR, utilisé sur le colza, en affirmant qu'elle était "fortement éloignée de la réalité".
Selon  le pollueur, la dose d'insecticide administrée est "au moins trente fois plus élevée que celle du nectar de colza protégé avec du Cruiser".
Le Trust chimique conteste par ailleurs les conséquences du pesticide sur le nombre d'abeilles pendant le temps de la floraison.
Mickaël Henry (Institut français de la recherche scientifique) et Axel Decourtye (réseau des instituts techniques agricoles) ont marqué 653 abeilles en collant sur leur thorax une puce à radio-identification permettant de suivre leurs déplacements.
Ils ont ensuite donné à certaines d'entre elles une dose de thiaméthoxam et constaté qu'elles avaient du mal à retrouver leur ruche, réduisant d'autant leurs chances de vivre. Un modèle mathématique établit d'ailleurs que les populations d'abeilles exposées au pesticide chutaient à un niveau ne permettant plus leur renouvellement.
Dès jeudi soir, le ministre français de l'Agriculture Bruno Le Maire a indiqué avoir demandé l'avis de l'Agence de sécurité sanitaire pour qu'elle confirme -ou non- d'ici deux mois, c'est à dire avant la nouvelle campagne de semences, que les dangers présentés par le pesticide dans le cadre de l'étude se confirmaient en plein champ.
"Si ces nouvelles données étaient confirmées, l'autorisation de mise sur le marché" du Cruiser OSR, qui protège les semis de colza, "serait retirée", a-t-il indiqué.
Axel Decourtye a de son côté contesté les arguments de Syngenta, indiquant que l'étude avait été conduite avec une dose qui peut être rencontrée en conditions réelles. Il a par ailleurs fait valoir qu'en tout état de cause le travail des chercheurs consistait à "regarder le danger de ce pesticide sur l'abeille, pas l'exposition des abeilles en conditions réelles".
"Chacun son boulot, ce n'est pas à nous, et encore moins à la firme, de définir s'il y a risque ou pas, ce sont les instances officielles qui ont mission de statuer là-dessus", a-t-il indiqué.
Ecologistes et apiculteurs français ont applaudi vendredi la publication de l'étude et réitéré leurs appels à interdire le Cruiser.
L'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), qui milite de longue date contre ce pesticide, s'est réjouie du "nouvel éclairage apporté par l'étude" et a demandé une interdiction immédiate.
Selon l'Unaf, un avis au 31 mai serait trop tardif par rapport au calendrier de commande des graines de colza. "Le temps n'est plus aux études mais à l'action politique courageuse", estime le syndicat des apiculteurs.
Le réseau France Nature Environnement (FNE) a pour sa part vu "un message extrêmement positif" dans la réaction du ministère>.
Michèle Rivasi, députée européenne écologiste, s'est félicitée également de l'annonce du ministère. Elle a rappelé aussi que "les abeilles ne sont pas les seules victimes des phytosanitaires", "de plus en plus d'agriculteurs" étant affectés par ces produits.

vendredi 30 mars 2012

Interdire les pesticides : une nécessité....

Les pesticides qui désorientent les abeilles sur la selette

ENVIRONNEMENT - Une étude de l'Inra prouve que les pesticides sont une des causes du déclin des colonies d'abeilles...

Un pesticide largement utilisé depuis les années 1990 est nuisible aux bourdons et abeilles, provoquant des troubles de l'orientation qui les empêchent de retrouver leur ruche ou de se nourrir convenablement, selon deux études --française et britannique-- publiées jeudi. Les populations d'abeilles et de bourdons, qui contribuent à la pollinisation de 80% des plantes à fleurs produisant des fruits ou légumes, ont fortement décliné au cours des dernières années, notamment en Europe et aux Etats-Unis. Les entomologistes avancent différentes hypothèses pour expliquer le phénomène, dont celle des pesticides, sans que l'on comprenne jusqu'à maintenant comment ils pouvaient agir.

653 abeilles suivies de près

L'étude française a été conduite par Mickaël Henry, de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), et Axel Decourtye, de l'Acta (instituts techniques agricoles). Ils ont marqué 653 abeilles en collant sur leur thorax une puce à radio-identification, qui a permis de les suivre dans leurs déplacements. Elle a ensuite donné à certaines d'entre elles une dose de thiamethoxam (famille des néonicotinoïde) et constaté qu'elles avaient du mal à retrouver leur ruche --le pesticide interférant avec leur système cérébral de géolocalisation-- ce qui a entraîné la mort d'un grand nombre d'entre elles. Une fois cette mortalité prise en compte, un modèle mathématique a prédit que les populations d'abeilles exposées au pesticide chutaient à un niveau ne permettant plus leur rétablissement.
Dans le cadre de la recherche britannique, menée par Dave Goulson et Penelope Whitehorn, de l'Université de Stirling (GB), des colonies de jeunes bourdons ont été exposées à de faibles taux d'un pesticide néonicotinoïde appelé imidaclopride. Ces doses étaient comparables à celles auxquelles elles sont exposées dans la nature. Selon des études antérieures, l'imidaclopride ne cause pas directement la mort des abeilles ou bourdons mais peut provoquer des troubles de mémoire et d'orientation. Il fallait encore le confirmer par une étude de terrain.

85% de reines en moins

Les chercheurs britanniques ont comparé le poids des deux types de nids -animaux, cire, miel, larves, pollen- avant et après l'expérience, et constaté que les colonies exposées avaient trouvé moins de nourriture et étaient plus petites, et qu'elles produisaient 85% de reines en moins –sans doute parce que les abeilles nourricières ne fournissaient pas assez de nourriture pour la reine. Il y avait 85% de nids en moins l'année suivante.
Selon Dave Goulson, au Royaume-uni «trois espèces sur 27 de bourdons sont éteintes» et sept sont considérées comme en danger. «Les procédures d'autorisation des pesticides demandent surtout aux fabricants de s'assurer que les doses rencontrées sur le terrain ne tuent pas les abeilles mais elles ont complètement négligé les conséquences de doses non létales, qui peuvent provoquer des problèmes de comportement», a souligné Mickaël Henry. Ces travaux sont publiés dans la revue américaine Science datée du 30 mars.

mardi 27 mars 2012

Vivre sans nucléaire est possible...

Le Japon vit avec un seul réacteur nucléaire en fonctionnement


JAPON - Un réacteur a été arrêté lundi, n'en laissant plus qu'un seul en fonctionnement pour alimenter le Japon en électricité...

Un seul réacteur sur les 54 unités nucléaires du Japon fonctionnait lundi, après l'arrêt pour maintenance de l'avant-dernière tranche encore en opération un an après l'accident de Fukushima. Tokyo Electric Power (Tepco) a stoppé le réacteur 6 de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande centrale nucléaire de l'archipel située dans la préfecture de Niigata sur les rives de la Mer du Japon et n'a désormais plus aucune unité en fonctionnement. Seule Hokkaido Electric Power, l'une des neuf compagnies régionales produisant de l'électricité nucléaire au Japon, continuait lundi d'exploiter un réacteur sur l'île de Hokkaido. Cette unité doit toutefois être interrompue à son tour début mai.
A la suite du séisme et du tsunami qui, le 11 mars 2011, ont engendré la catastrophe sur le site de Fukushima submergé par une vague de 14 mètres de haut, une quinzaine de réacteurs ont été subitement arrêtés dans les centrales du nord-est, puis deux autres présentant des risques à Hamaoka. Le redémarrage de tous les autres réacteurs stoppés pour maintenance ou à cause des secousses sismiques est conditionné à de nouveaux tests de résistance (notamment vis-à-vis des catastrophes naturelles) et à l'approbation des autorités locales, ce qui retarde l'échéancier habituel.

Economies d’énergie et importations de gaz

Le gouvernement a fait savoir qu'il ne comptait pas passer en force sur ce sujet, les populations riveraines des réacteurs étant beaucoup plus inquiètes depuis l'accident de Fukushima, la plus grande catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl en 1986. Aucun calendrier n'a en conséquence été avancé, ce qui met en difficulté les compagnies d'électricité à l'approche de l'été, une période de pic de consommation au Japon en raison de l'usage massif des climatiseurs.
Afin de compenser l'absence quasi totale d'énergie nucléaire, qui représentait avant Fukushima près de 30% de la production d'électricité du pays, les opérateurs sont contraints d'augmenter massivement leurs importations de pétrole et de gaz naturel liquéfié pour alimenter leurs centrales thermiques. Les citoyens et entreprises nippones sont régulièrement appelés à réduire leur consommation d'électricité pour éviter de trop fortes tensions sur le réseau

samedi 24 mars 2012

L' industrie détruira elle le monde ?

Birmanie: la résistance s'organise contre un immense projet industriel


VIDEO - La colère monte dans le sud du pays...

La colère monte peu à peu, dans le sud de la Birmanie, contre un projet industriel tentaculaire qui forcera des milliers de villageois à quitter leurs terres, une lutte qui symbolise un peuple longtemps muselé mais qui ose de plus en plus se faire entendre.

Dans l'esprit du gouvernement et des promoteurs, le port en eaux profondes de Dawei est une clé du développement de l'Asie du Sud-Est, un complexe relié à Bangkok et qui ouvre le chemin vers l'Europe en évitant Singapour et le détroit de Malacca. A terme, le projet de 250 kilomètres carrés comprendra notamment une aciérie, une usine de pétrochimie et une raffinerie. De l'industrie lourde et sale, que ne font pas oublier les maisons promises aux villageois, avec écoles, hôpitaux, eau courante et électricité. «On ne veut pas partir», proteste San Nyein, paysan de 53 ans du village de Mayingyi. «Notre région a des noix de coco, des noix de bétel, des cajous et des tamarins. Nous avons tout ce qu'il nous faut». «La mer nous nourrit depuis notre enfance. Où irons-nous pêcher si nous devons aller dans une ville nouvelle», renchérit Tin Hlaing, 56 ans, pêcheur d'un hameau voisin.

Explosion du prix des terres

Depuis quelques mois, les promoteurs immobiliers ont fait exploser le prix de la terre. «Quand nous nous sommes plaints, ils ont répondu que nous n'avions pas de documents de propriétés. Ils disent que le vrai propriétaire, c'est l'Etat, donc nous n'osons pas nous battre contre eux», a avoué à l'AFP un villageois sous couvert de l'anonymat. A terme, quelque 20.000 personnes sont censées être relogées, selon la presse gouvernementale. Mais avec la dissolution de la junte au pouvoir en mars 2011, après un demi-siècle d'un pouvoir militaire qui s'arrogeait le droit de disposer des terres à sa guise, la contestation n'est plus totalement taboue.
En septembre 2011, à la surprise générale, le gouvernement a suspendu un projet de barrage de 3,6 milliards de dollars construit par les Chinois en Etat Kachin (extrême-nord). Le président Thein Sein, qui a multiplié les réformes depuis sa prise de fonction, a de facto donné raison aux revendications des populations locales et des environnementalistes, au détriment de Pékin, allié de toujours. Un geste impensable auparavant. Plus récemment, c'est une centrale au charbon qui a été rayée du projet de Dawei.

Les villageois prêts à se battre

Les villageois de Dawei sont donc prêts à se battre. D'autant que le complexe avance bien moins vite que prévu et que les bulldozers tant redoutés ne sont pas encore sur place. Dans un pays éreinté par cinquante ans de gestion militaire, les experts soulignent que l'économie birmane toute entière doit être remodelée, avec des systèmes légal et bancaire et des infrastructures physiques à rebâtir. Et même si son potentiel suscite des convoitises, il est encore trop tôt pour imaginer un boom économique.
La compagnie Ital-Thai, en charge du projet, «a de gros problèmes pour lever des fonds, et ce n'est pas surprenant car les chiffres sont vraiment énormes», relève Sean Turnell, économiste à l'université Macquarie de Sydney. «Il y a eu un vrai revirement du sentiment des investisseurs dans ce projet et je pense que c'est surtout ça ce qui le ralentit». Le groupe thaïlandais assure que les investissements - 4,5 milliards de dollars pour la première phase, 8,5 milliards pour la deuxième - iront jusqu'au bout. Il évoque un complexe final d'une valeur de 50 milliards. «Notre projet a reçu l'approbation du gouvernement. Ils nous ont même demandé de l'accélérer et nous soutiennent sur le plan légal. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter», relève Somchet Thinaphong, patron de la Dawei Development Company, filiale d'Ital-Thai. Mais les villageois regardent la bande de terre immaculée à nulle autre pareille qui les a vus naître, et ne peuvent se résoudre à la voir disparaître. A l'image de Than Myint, paysan de 64 ans. «Je veux rester ici (...). Nous ne comprenons pas la ville. Elles sont toutes pareilles».

mardi 20 mars 2012

L' énergie solaire peut fonctionner la nuit...

Energie solaire: En Andalousie, une centrale qui fonctionne même la nuit

VIDEO - Elle permet de stocker l'énergie accumulée pendant la journée...

A la centrale solaire Gemasolar, pas question de déprimer quand le ciel se fait nuageux: grâce à une technologie unique au monde, l'énergie accumulée quand le soleil brille permet de produire encore de l'électricité la nuit ou les jours de pluie.


Le site, opérationnel depuis mai dernier, ne passe pas inaperçu dans la plaine andalouse, dans le sud de l'Espagne. Dès l'autoroute entre Séville et Cordoue, on aperçoit sa tour illuminée, dans laquelle se reflètent 2.650 panneaux solaires de 120 mètres carrés chacun, disposés sur un immense cercle de 195 hectares. «C'est la première centrale au monde qui travaille 24 heures sur 24, une centrale solaire qui fonctionne de jour comme de nuit!», ne se lasse pas de raconter Santiago Arias, directeur technique de Torresol Energy, qui gère l'installation.
Son mécanisme est «très facile à expliquer», promet-il: les panneaux, en reflétant le soleil sur la tour, lui transmettent «une concentration d'énergie équivalente à 1.000 fois celle que nous avons au sol». L'énergie est emmagasinée dans une cuve remplie de sels fondus, à une température supérieure à 500 degrés. Des sels qui serviront ensuite à produire de la vapeur pour faire tourner une turbine et fabriquer ainsi l'électricité, comme dans une centrale thermosolaire classique.
C'est cette capacité à stocker l'énergie qui rend Gemasolar si différente, car elle permet que «pendant la nuit, nous continuions à produire de l'électricité avec l'énergie accumulée la journée», précise Santiago Arias. Ainsi «j'utilise cette énergie comme cela m'intéresse et non comme le soleil me le dicte». Le bilan est très positif: la centrale «produit 60% d'énergie en plus par rapport à une centrale qui n'a pas de système de stockage», car elle peut fonctionner 6.400 heures par an, contre 1.000 à 2.000 heures chez les autres types d'usines solaires.

Machine à billets

«La quantité d'énergie que nous produisons par an est l'équivalent de la consommation moyenne de 30.000 foyers espagnols, donc, s'il s'agissait d'une zone d'habitations, d'environ 90.000 personnes», explique Santiago Arias, soit une économie annuelle de 30.000 tonnes de CO2. Encouragées par un généreux système d'aides publiques, les énergies renouvelables ont connu un essor fulgurant en Espagne, numéro deux mondial dans le solaire et premier producteur d'éolien en Europe, devant l'Allemagne. En 2011, le pays a couvert un tiers de sa demande d'électricité grâce aux énergies renouvelables, surtout l'éolien (16%), tandis que la part du solaire, bien que faible (4%), a doublé en un an, selon le gestionnaire du réseau de transport d'électricité REE.
Pour le projet Gemasolar, il a aussi fallu la contribution d'investisseurs étrangers: Torresol Energy est une co-entreprise entre le groupe espagnol d'ingéniérie Sener (qui a 60% de l'ensemble) et la société d'énergies renouvelables Masdar, financée par le gouvernement d'Abou Dhabi. Car «ce genre de centrale coûte cher, non pour la matière première que nous utilisons, qui est gratuite, mais pour l'énorme investissement qu'elle demande», reconnaît Santiago Arias. La facture a dépassé les 200 millions d'euros. Mais «le jour où l'entreprise aura fini de rendre l'argent aux banques (dans 18 ans, calcule-t-il), cette centrale deviendra une machine à fabriquer des billets de 1.000 euros!», assure-t-il, rappelant que le prix du baril de pétrole, qui était de 28 dollars en 2003, flirte désormais avec les 130 dollars.
Dans l'immédiat, la crise économique fait toutefois planer une ombre sur les projets de ce type: l'Espagne, au bord de la récession et engagée dans un effort de rigueur, vient de suspendre les aides aux nouveaux sites de production d'énergie renouvelable. «Nous avons trois projets à l'arrêt» en raison de cette suspension, confie Santiago Arias, avouant aussi, dans un contexte de morosité mondiale, n'avoir pas encore réussi à vendre ailleurs la technologie de Gemasolar, malgré l'énorme intérêt suscité hors d'Espagne.

dimanche 18 mars 2012

Interdiction des OGM, temporaire... avant élection...

PARIS - Interdiction temporaire en France du maïs transgénique



PARIS - Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a annoncé vendredi "une mesure conservatoire visant à interdire temporairement" la culture du maïs transgénique Monsanto (MON810) afin de "protéger l'environnement", selon un communiqué du ministère.
Cette décision a été prise "en raison de la proximité des semis", précise-t-on de même source.
Paris avait demandé le 20 février à la Commission européenne de suspendre l'autorisation de mise en culture, en s'appuyant sur des nouvelles études, après qu'un premier moratoire, lancé en février 2008, eut été invalidé en novembre dernier.
En retour, la Commission a saisi l'autorité européenne de sécurité alimentaire (AESA) mais indiqué qu'elle n'envisageait pas de prendre des mesures d'urgence dans l'attente d'un avis de l'AESA.
L'annonce "n'est pas vraiment une surprise" pour la Commission, a réagi Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire européen chargé de la Santé et des Consommateurs, John Dalli, expliquant que la France avait envoyé le 20 février 15 pages de documents scientifiques pour étayer sa décision, et que la Commission avait commencé à les examiner. Au regard de ces documents, "nous considérons à ce stade que cela ne justifie pas de prendre des mesures d'urgence", a dit M. Vincent à l'AFP.
Il a indiqué que l'AESA avait jusqu'au printemps pour analyser ces documents, sans donner de date plus précise, et qu'en attendant, l'annonce de la France serait présentée aux Etats membres dans le cadre d'un comité permanent d'ici mi-avril.
Ce sera ensuite à l'AESA de dire si elle juge les arguments français scientifiquement valables ou si, ce qui semble plus probable selon une source proche du dossier, elle demande à la France de retirer sa clause.
L'arrêté du ministre de l'Agriculture sera publié dimanche au Journal officiel.
L'interprofession des semenciers, Initiatives Biotechnologies Végétales (IBV), se dit "consternée" ( ben votons) par "une décision sans fondement" qui constitue "un rejet pur et simple de l'innovation agricole et accentue la distorsion de concurrence au sein de l'UE". La mauvaise fois à tous les étages.
Le maïs OGM est cultivé à grande échelle, notamment en Espagne depuis de nombreuses années, rappelle IBV, avec "des augmentations de surfaces de plus de 20% l'année dernière prouvant toute son utilité même au bout de 10 ans de commercialisation".
Au lendemain de la demande du gouvernement français, le réseau France nature environnement (FNE) avait indiqué que la France n'était "pas tenue d'attendre une réponse" des autorités européennes pour interdire les semis de maïs MON810, si elle estimait "qu'il y avait urgence", avait précisé à l'AFP Lylian Le Goff, responsable du dossier OGM à FNE.
Il soulignait que la période des premiers semis se rapprochait, pouvant commencer dès courant mars dans certaines régions, et qu'"aujourd'hui rien ne s'oppose à la commercialisation des semences et à la mise en culture". "Depuis l'invalidation du moratoire, il y a un vide juridique", avait-il dit.
En janvier, le groupe américain Monsanto a réaffirmé qu'il n'avait pas l'intention de vendre de maïs transgénique en 2012 "et au-delà" en France, considérant que les conditions pour la commercialisation n'étaient "pas réunies".
De son côté, lors de la demande du gouvernement français, formulée par la ministre de l'Ecologie, l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV) avait dénoncé "le signe négatif envoyé par le gouvernement aux acteurs des filières agricoles et agro-industrielles". Oui négatif, ouf !

vendredi 16 mars 2012

L' eau bien commun de l' humanité...

 Faire de l'eau avec du soleil, du vent ou la simple gravité


MARSEILLE - Faire de l'eau avec du soleil et du vent, pomper l'eau des rivières de montagne grâce à la simple gravité, rouler l'eau du puits plutôt que la porter en jerrycans sur la tête : des solutions simples, peu coûteuses et sans électricité foisonnent au Forum mondial de l'Eau.
"Le Bélier hydraulique reprend une technologie du XVIIIe siècle et 200 ans plus tard, nous sommes au Forum mondial de l'Eau pour faire la promotion de cette solution pour acheminer l'eau dans les villages isolés de montagne", explique Auke Idzenga de la Fondation AIDFI des Philippines.
Sa pompe n'a besoin ni d'électricité, ni de carburant, "il faut juste de l'eau courante, une rivière, et le dispositif utilise la force de gravité et la vitesse générée par cette eau pour produire la pression nécessaire", ajoute-t-il. S'il faut réparer, il suffit de disposer de charnières et de morceaux de pneumatiques.
Plus de 200 villages utilisent le "Bélier hydraulique" aux Philippines où il est géré par des associations d'usagers payant une petite redevance. Le dispositif coûte 8.000 dollars et permet d'alimenter jusqu'à 50 foyers.
Dans les pays pauvres sans réseau d'eau, femmes et enfants parcourent en moyenne 6 km chaque jour en portant des jerricans de 20 kg sur la tête. Le "Hipporoller" leur rend la tâche plus facile. "Il a été inventé par des militaires qui se sont dits pourquoi ne pas mettre l'eau dans une roue et la rouler", raconte le promoteur sud africain de ce conteneur rond de 50 litres muni d'une barre métallique permettant de le tirer ou de le pousser.
Le Hipporoller coûte 95 euros, dure entre 5 et 7 ans, ce qui représente environ 2 euros par personne et par an pour une famille de 10 personnes.
De l'eau à partir de l'air
Un conteneur standard, comme ceux transportés par les cargos, aménagé de parois intérieures semblables à un réfrigérateur, surmonté d'une éolienne rudimentaire capte l'air par trois orifices. Exposé au soleil et avec l'energie fournie par le vent, l'"Aquaplenty" peut fournir jusqu'à 1.000 l d'eau par jour.
"C'est en fait de l'eau de pluie naturelle, le principe est celui des nuages qui apportent l'eau", souligne Hans van der Vliet, le concepteur hollandais. Seule condition pour que ça fonctionne: une température extérieure d'au moins 15 degrés.
Le soleil permet aussi de désinfecter l'eau très simplement. Des bouteilles en plastiques remplies d'eau contaminée sont disposées sur un toit en tôle et les rayons UV détruisent microbes et bactéries.
Pour savoir quand l'eau est potable, on visse un petit boîtier muni d'un capteur solaire sur le goulot de l'une des bouteilles. "Un smiley souriant indiquera que la décontamination est réussie, il faut compter un minimum de 6 heures et la durée est bien sûre fonction de la saison et de l'intensité de l'ensoleillement", précise Angelika Stadelmann, responsable de la start-up autrichienne Helioz.
Au Nicaragua, où l'ouragan Mitch a détruit les réseaux de distribution d'eau en 1998, l'ONG Céramiques pour la paix a lancé le "Filtron". Il ressemble à un pot de fleur, peut contenir jusqu'à 7 litres d'eau dont la salubrité est douteuse et la rend bonne à boire en quelques heures "après avoir éliminé 99,98% des parasites", affirme Beverly Pillers, responsable de l'ONG.

lundi 5 mars 2012

Après Fukushima, on va sortir du nuléaire....

Après Fukushima, un nuage de remise en cause du nucléaire traverse le monde


FUKUSHIMA, UN AN APRES - La catastrophe nucléaire qui a frappé le Japon en mars 2011 a changé la perception du nucléaire dans le monde entier...

11 mars 2011: cette date marquera l’histoire du Japon, mais pourrait également s’inscrire dans la liste des catastrophes qui ont marqué le monde entier. Presqu’exactement 25 ans après Tchernobyl, la vague qui a submergé la centrale nucléaire de Fukushima a apporté de l’eau au moulin des anti-nucléaire et a ravivé les débats sur les politiques énergétiques dans de nombreux pays.

L’Allemagne, première grande puissance industrielle sans nucléaire

Pour les pays qui s’étaient déjà engagés dans le développement des énergies renouvelables, Fukushima a été le moment crucial pour changer définitivement de trajectoire énergétique. Ainsi, l’Allemagne se penche dès le mois d’avril 2011 sur l’avenir de ses centrales. Déjà en chemin vers une sortie progressive du nucléaire, le pays accélère le pas sous la pression des écologistes et la volonté d’Angela Merkel. Le 30 mai, la chancelière annonce que l’Allemagne fermera ses derniers réacteurs en 2022, suscitant de vives réactions en France: les écologistes applaudissent, le gouvernement tente d’endiguer le mouvement.
En septembre, c’est le voisin suisse qui confirme une sortie progressive du nucléaire, prévoyant la fermeture de ses cinq réacteurs d’ici à 2034. Fin octobre, c’est au tour de la Belgique d’annoncer sa sortie du nucléaire à partir de 2015.

Berlusconi désavoué par les Italiens

Les derniers mois du gouvernement de Silvio Berlusconi auront été marqués par un référendum calamiteux pour le pouvoir en place au sujet du nucléaire. L’Italie, qui avait abandonné l’atome en 1987 après un référendum organisé à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, s’était engagée début 2011 dans une re-nucléarisation avec la construction de quatre réacteurs EPR. Le non au nucléaire, exprimé à une écrasante majorité de 94,05% lors du référendum du 13 juin 2011, a obligé le gouvernement à changer son fusil d’épaule et à s’engager dans le développement des énergies renouvelables.

Fukushima ou pas, ils veulent conserver l’atome

Avec 104 réacteurs et des régions à forte sismicité, les Etats-Unis ont dû également réagir à la catastrophe de Fukushima en lançant un réexamen de la sécurité des centrales portant notamment sur la capacité des installations à fonctionner en cas de perte de l’alimentation en électricité. La dernière fois que les Etats-Unis avaient resserré les boulons de leurs centrales, c’était après les attaques terroristes du 11 septembre 2001.
En revanche, aucune remise en question des programmes nucléaires en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud ou en Chine. Dix nouveaux réacteurs devraient être construits outre-Manche, Pékin projette de construire cinquante centrales, dont 26 sont déjà en chantier, et l’Afrique du Sud veut se doter d'ici vingt ans d’un parc nucléaire représentant 9.600 mégawatts.La catastrophe sera peu être atomique...

En France, le débat s’impose dans la campagne présidentielle

Sous la pression des militants anti-nucléaire, des sondages largement favorables à l’abandon progressif de l’atome, et obligé par l’Union européenne à procéder à des tests de résistance sur ses centrales, le gouvernement français lance dès juin 2011 des audits complémentaires de sûreté menés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Mais le Premier ministre et le ministre de l’Energie restent inflexibles voire extrémistes : la France n’abandonnera pas l’atome. L’accident de Marcoule en septembre 2011, la polémique autour de la prolongation de la durée de vie de la centrale de Fessenheim ou l’audit sur les coûts de la filière nucléaire réalisé par la Cour des comptes n’y changeront rien. Sauf à virer ce gouvernement nucléocrate.
Et pour enfoncer le clou, une commission réunie par Eric Besson publie en janvier 2012 un rapport selon lequel la prolongation du parc nucléaire au-delà de 40 ans serait l’option énergétique la moins coûteuse pour le pays. Aujourd’hui, la sortie du nucléaire s’affiche dans les programmes des candidats à la présidentielle, mais cette promesse électorale risque fort de se heurter à la puissance des voyous de l’industrie française de l’atome : CEA, EDF, Cogema, AREVA . Fukushima aura au moins eu le mérite d’obliger les candidats à se positionner sur la question du nucléaire.

samedi 3 mars 2012

Sauver la Biodiversité....

La France a une stratégie pour sauver la biodiversité



Dans le cadre de la campagne de la Ligue ROC-Humanité et biodiversité, qui va comparer les programmes des candidats à la présidentielle sur le thème de la biodiversité, retour sur les enjeux. Cette semaine, en quoi consiste la stratégie nationale pour la biodiversité...

Pour sauver le grand hamster d’Alsace, les perdrix ou les abeilles, la France a une stratégie. Depuis 2004, l’Etat s’est engagé dans une «Stratégie nationale pour la biodiversité» (SNB) dont l’objectif est de stopper l’érosion des espèces animales et végétales. Pour cela, tous les acteurs, Etat, collectivités locales, entreprises et associations, sont appelés à se mobiliser.

Préserver, restaurer et valoriser la biodiversité

Traduction nationale de la Convention sur la diversité biologique signée aux Nations unies, la stratégie nationale est  un «outil opérationnel», explique Christophe Aubel, directeur de la Ligue ROC-Humanité et biodiversité. «L’ambition de la SNB est de préserver, restaurer et valoriser la biodiversité, en assurer un usage durable et équitable et impliquer tous les secteurs d’activité», explique-t-il.
Pour cela, une vingtaine d’objectifs précis ont été définis par un collège d’organisations, rassemblées dans un cadre similaire à celui du Grenelle de l’environnement. Au menu: rétablir des continuités écologiques qui ont été rompues par des lignes de TGV ou des routes, restaurer des sites dégradés ou remarquables comme les zones Natura 2000 ou les marais, intégrer la biodiversité dans l’étiquetage environnemental des produits…

Une stratégie qui devrait être portée au plus haut niveau de l’Etat

Tous ces objectifs sont mis à disposition de qui veut s’en emparer: «N’importe quel acteur privé ou public (entreprise, collectivité territoriale, syndicat, ..) peut adhérer à la SNB et prendre un plan d’action concret qui sera validé par le comité national de suivi», explique Christophe Aubel. La vérification des dossiers par le comité, constitué d’associations et d’experts, est censée éviter le greenwashing: «Le critère clé est de prendre des mesures qui correspondent à son activité: si une entreprise donne de l’argent à une association, c’est du mécénat, pas un engagement.» Le premier appel à projets a déjà distingué 62 lauréats, dont une vingtaine dans les territoires d’outre-mer confrontés à des espèces exotiques envahissantes.
Si les collectivités locales semblent bien s’être emparées du sujet, l’Etat de son côté a déçu les associations: «L’Etat a beaucoup travaillé pour que les acteurs puissent se mobiliser mais a oublié de se mobiliser lui-même, déplore Christophe Aubel.  Le ministère de l’Ecologie a annoncé des mesures intéressantes mais tous les autres ministères n’ont pas fait grand chose. Il faut que l’agriculture, les transports, l’industrie prennent des engagements». Pour cela, le directeur de la Ligue ROC-Humanité et biodiversité pense que «c’est le Premier ministre qui doit porter cette stratégie» et attend du futur chef de l’Etat qu’il en fasse un axe prioritaire pour le gouvernement. A suivre, après mai 2012.

mercredi 29 février 2012

Fukushima ne s' arrètera pas ...

 Un an après Fukushima, la contamination est "chronique et pérenne"




PARIS - Un an après la catastrophe qui a touché la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, la contamination radioactive  n'a pas  décru mais elle est désormais "chronique et pérenne", a annoncé mardi l'Insitut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN).
"Les rejets principaux se sont produits du 12 au 25 mars 2011, en une quinzaine d'épisodes dont les plus importants auraient eu lieu avant le 17 mars", résume l'IRSN dans son bilan.
Selon les estimations, encore provisoires, réalisées par l'Institut depuis la catastrophe, les rejets d'iodes radioactifs dans l'atmosphère ont atteint 408 millions de milliards de becquerels, un chiffre impressionnant mais qui reste  inférieur à celui de l'explosion de la centrale de Tchernobyl (Ukraine) en 1986.
Ces iodes ont une "période radioactive" très courte, autrement dit leur radioactivité décroît de moitié rapidement (de quelques heures à huit jours selon le type d'iode) et ils ont surtout représenté un risque pour l'environnement et la santé durant les premières semaines après l'accident.
Mais les trois réacteurs accidentés et les explosions d'hydrogène dans les bâtiments de la centrale ont aussi libéré de grandes quantités de césiums radioactifs, à la durée de vie beaucoup plus longue: 58 millions de milliards de becquerels (environ trois fois moins que pour Tchernobyl).
Contaminé pour 300 000 ans
Le césium 137 ayant une période radioactive de 30 ans, il reste aujourd'hui 98% de sa radioactivité initiale dans l'environnement, un taux qui sera encore de 81% en 2020, souligne Didier Champion, directeur de la crise à l'IRSN.
"La contamination initiale liée à l'accident  n'a  pas décru. . Aujourd'hui, et pour de nombreuses années, nous sommes dans un état de contamination chronique et pérenne de l'environnement", résume M. Champion.
"Il y a des risques d'exposition chronique, à des  doses certes mais qui peuvent s'accumuler au cours du temps si l'on n'y prend pas garde", ajoute-t-il, insistant sur la nécessité de suivre la contamination d'un certain nombre de denrées alimentaires (fruits, lait, champignons, gibiers, poissons).
Au total, sur environ 24.000 km2 du territoire japonais contaminés par le césium 137, seuls 600 km2 dépasseraient aujourd'hui le seuil des 600.000 becquerels par m2, estime l'IRSN.
"A niveau de contamination égal, les superficies concernées au Japon sont nettement inférieures à celles des territoires contaminés autour de Tchernobyl, ce qui s'explique notamment par le fait qu'une part importante des rejets (...) s'est dispersée au-dessus du Pacifique", selon ce bilan.
50 Millions de personnes contaminées
Il existe toutefois des terres contaminées en "taches de léopard" jusqu'à 250 km de distance de la centrale, avec des "points chauds" extrêmement localisés liés à l'accumulation de dépôts radioactifs par les pluies et le ruissellement.
Quant aux conséquences sanitaires, aucune mort directe de l'accident nucléaire n'a pour l'instant été signalée mais des millions de contaminés. De nombreuses incertitudes demeurent sur l'exposition terrible  des populations mais aussi sur les doses reçues par les employés de l'exploitant de la centrale, Tepco, et les secours présents sur place (pompiers, policiers, etc), déplore l'IRSN.
L'IRSN base son rapport sur les compte-rendus de ses équipes sur place et sur les données fournies par le Japon. On est encore loin de la vérité...

lundi 27 février 2012

Les paysans , premières victimes des fabriquants de pesticides...

Les victimes des pesticides manifestent au Salon de l'agriculture
Manifestation d'agriculteurs victimes des pesticides au Salon de l'agriculture, le 27 février 2012, autour de Paul François. DR

AGRICULTURE - Ce lundi matin, ils étaient réunis autour de Paul François pour dénoncer les ravages des pesticides sur la santé des agriculteurs...

Ils se nomment les «Phyto-victimes»: des agriculteurs et leurs familles ont manifesté ce lundi matin au Salon de l’agriculture pour dénoncer les méfaits des pesticides sur la santé des paysans. Autour de Paul François, premier en France à avoir remporté un procès contre le fabricant de produits phytosanitaires Monsanto, ils ont interpellé les représentants de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), «le lobby des fabricants de pesticides».

Une manifestation «électrochoc»

«Cette manifestation nous permet aujourd’hui de voir le prix payé par les travailleurs, en agriculture et dans d’autres secteurs, pour le recours en masse aux pesticides de synthèse depuis un demi siècle, déclare François Veillerette, porte-parole de l’association Générations Futures. En plein débat électoral, il doit servir d’électrochoc et faire prendre conscience à l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle qu’une réduction rapide de l’utilisation et de la dangerosité des pesticides est désormais une priorité de santé publique. Nous attendons des engagements clairs des partis politiques là-dessus.»
Le WWF France a salué cette manifestation, estimant que «les agriculteurs sont victimes d’un système qu’il faut changer»: «Il est urgent de sortir de l’agriculture industrielle qui contamine gravement l’environnement, et particulièrement l’eau, est un échec sur le plan de l’emploi et de la vitalité des territoires , écrase les producteurs, amène des substances nocives jusque dans nos assiettes et, comble du cynisme, empoisonne des agriculteurs», déclare Isabelle Autissier, présidente du WWF France.
La France reste à l’heure actuelle le plus gros utilisateur de pesticides en Europe, avec près de 80.000 tonnes de produits épandus chaque année dans les champs français. L’issue du procès de Paul François contre Monsanto pourrait encourager les paysans malades à entreprendre des actions en justice contre les firmes agrochimiques.

dimanche 19 février 2012

La fumée des incendies de forêt provoque la mort de 339 000 personnes par an selon les chercheurs


Incendies à Los Angeles, le 30 août 2009.
Incendies à Los Angeles, le 30 août 2009.AFP/JUSTIN SULLIVAN

La fumée des incendies de forêt et de brousse provoque 339 000 morts en moyenne par an dans le monde, selon une étude présentée samedi à une conférence scientifique, des experts prédisant un fort accroissement de ces feux dans l'avenir à cause du réchauffement climatique.

L'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud-est ont été les plus touchées avec respectivement 157 000 et 110 000 décès, précise cette recherche parue dans la revue Environmental Health Perspectives.
Elle a été dévoilée à la conférence annuelle de la Société américaine pour l'avancement de la science (AAAS), qui a réuni ce week-end à Vancouver quelque 8 000 chercheurs dans toutes les disciplines.
"J'ai été surprise d'un bilan aussi lourd étant donné que l'exposition à la fumée de ces incendies est occasionnelle pour la plupart des gens", a déclaré dans une conférence de presse Fay Johnston, du Menzies Research Institute à l'Université de Tasmanie en Australie, principal auteur de cette étude.
Les auteurs ont surtout mesuré l'impact des particules inférieures à 2,5 micromètre formant une partie importante de la fumée de ces incendies. Ils ont utilisé les données fournies par des satellites pour rassembler des informations sur les zones affectées par les feux chaque année durant leur étude (1996-2006). Ces chercheurs se sont aussi appuyés sur des modèles informatiques et d'autres sources.
Ils ont également appliqué un modèle reconnu par l'Organisation Mondiale de la Santé pour déterminer la mortalité annuelle de toutes causes liée à la fumée dans les différentes régions du monde. L'accroissement de ces particules fines qui restent en suspension dans l'air plusieurs jours voire semaines peut ainsi affecter la qualité de l'air dans de vastes régions et pénètrent aussi à l'intérieur des habitations, a expliqué Michael Brauer, professeur de santé environnementale à l'Université de Colombie Britannique, auteur d'une autre communication présentée samedi.
Nombre d'études épidémiologistes montrent que ces particules jouent un rôle important dans une gamme étendue de problèmes cardiovasculaires et respiratoires nécessitant une hospitalisation, a-t-il précisé. Les auteurs de la recherche ont en outre montré la relation entre les variations climatiques, la fréquence de ces feux et la mortalité qui en résulte.
Durant les périodes où le courant marin chaud du Pacifique au large de l'Amérique du Sud, El Niño, est présent, le nombre annuel de décès liés à l'inhalation de fumée de feux de forêts ou de brousse atteignait 532 000, soit presque un doublement comparativement à la moyenne (339 000). El Niño accroît la sécheresse. Une année où un autre courant du Pacifique est actif, La Niña, qui est froid et provoque plus d'humidité, le nombre de morts attribués à la fumée de ces incendies a été nettement moindre avec 262 000 en moyenne.
Pour Mike Flanningan, professeur au département des ressources renouvelables de l'Université d'Alberta les incendies dévorent déjà de 350 à 400 millions d'hectares par an de végétation, soit la superficie de l'Inde. Avec un climat plus chaud, la végétation sera plus sèche, la foudre aussi plus fréquente, déclenchant plus de feux dans les tourbières, bien que l'Homme en soit le principal responsable. Ces incendies de la végétation contribuent également au réchauffement climatique en produisant de vastes quantités de gaz carbonique (CO2), principal gaz à effet de serre.

mercredi 15 février 2012

Monsanto comdamné...

LYON - Pour la première fois en France, Monsanto jugé responsable de l'intoxication d'un agriculteur

LYON - Le géant américain Monsanto a été jugé "responsable", lundi à Lyon, de l'intoxication à l'herbicide en 2004 d'un agriculteur français, ouvrant la voie à des dommages-intérêts, ce qui constitue une première en France.
"Monsanto est responsable du préjudice de Paul François suite à l'inhalation du produit Lasso", peut-on lire dans le jugement du tribunal de grande instance (TGI) de Lyon, consulté par l'AFP.
En conséquence, le tribunal "condamne Monsanto à indemniser entièrement Pierre François de son préjudice", précise le jugement du tribunal, qui confie une expertise médicale à un médecin de l'hôpital Rothschild à Paris.
Le 27 avril 2004, Paul François, un céréalier de Bernac (Charentes) aujourd'hui âgé de 47 ans et invalide, avait reçu au visage des vapeurs de Lasso, un puissant désherbant produit par le leader mondial de l'agrochimie, en ouvrant la cuve d'un pulvérisateur. Il avait été rapidement pris de nausées puis de troubles (bégaiement, vertiges, maux de tête, troubles musculaires...) l'obligeant à interrompre son activité pendant près d'un an.
En mai 2005, un an après avoir inhalé les vapeurs, des analyses relevaient dans son organisme des traces de monochlorobenzène, un solvant présent pour moitié dans le Lasso, au côté du principe actif, l'anachlore.
Trois ans plus tard, celui qui est devenu le porte-parole des victimes des pesticides obtenait en justice que ses troubles soient reconnus comme maladie professionnelle par la Mutualité sociale agricole. Il lançait alors une procédure en responsabilité civile contre Monsanto.
A l'audience devant la 4e chambre civile du TGI de Lyon, le 12 décembre 2011, son avocat, Me François Lafforgue, a reproché à Monsanto d'avoir "tout fait pour laisser le Lasso sur le marché" alors que sa dangerosité avait été établie dès les années 1980, d'où son interdiction au Canada, au Royaume-Uni et en Belgique. Ce n'est qu'en 2007 qu'il a été retiré du marché français.
Selon Me Lafforgue, Monsanto aurait aussi manqué à son "obligation d'information" en ne détaillant pas la composition du produit sur l'étiquette, et en n'avertissant pas des risques liés à l'inhalation, ni de l'obligation de porter un masque.
L'avocat de Monsanto, Me Jean-Philippe Delsart, met quant à lui en doute la réalité de l'intoxication, soulignant que les problèmes de santé ne sont apparus que plusieurs mois après.