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mardi 2 septembre 2014

Le nucléaire : l' intendance ne suivra pas...

JAPON: L'accident atomique de Fukushima coûtera au bas mot à peu près le double de ce que le gouvernement japonais avait estimé, a affirmé une étude universitaire...

La catastrophe de Fukushima bien plus coûteuse que prévu

Vue aérienne de la centrale de Fukushima, datant du 24 mars 2011, quelques jours après sa destruction par un tsunami
Vue aérienne de la centrale de Fukushima, datant du 24 mars 2011, quelques jours après sa destruction par un tsunami 
L'accident atomique de Fukushima coûtera au bas mot à peu près le double de ce que le gouvernement japonais avait estimé, a affirmé une étude universitaire .
Kenichi Oshima, professeur d'économie environnementale à l'Université Ritsumeikan, a chiffré «au minimum à 11.082 milliards de yens» (80 milliards d'euros) les sommes à débourser pour payer les dégâts de cette catastrophe survenue en mars 2011 à la suite d'un gigantesque séisme dans le nord-est de l'archipel.
Le gouvernement japonais avait pour sa part évalué à 5.800 milliards l'argent nécessaire pour couvrir les conséquences de ce sinistre qui a eu un impact considérable sur la région et ses habitants.

Beaucoup de couts indirects

Selon le chercheur, il faudrait presque y ajouter les 2.200 milliards de yens (près de 15 milliards d'euros) qui seront nécessaires pour mettre en conformité les installations nucléaires du pays à la suite de la révision des normes de sûreté censées éviter un deuxième désastre ailleurs. «Ce sont des coûts indirects, donc ils ne sont pas dans le total», a précisé Kenichi Oshima.
Les sommes prises en compte intègrent l'indemnisation des personnes évacuées et/ou ayant perdu leur travail à cause de l'accident, soit pour le moment quelque 4.980 milliards de yens, fournis à la compagnie gérante Tokyo Electric Power (TEPCO) par un fonds spécialement créé auquel contribue l'Etat et les compagnies d'électricité. Ces dommages et intérêts pourraient toutefois encore doubler. Le fonds a d'ailleurs relevé son plafond à 9.000 milliards de yens au lieu de 5.000 milliards. Sont aussi inclus les frais de décontamination des alentours de la centrale et de stockage des déchets résultants, soit 3.540 milliards.
Le gouvernement japonais cherche actuellement à convaincre les ex-habitants évacués des villes de Futaba et Okuma (sur lesquelles est à cheval la centrale Fukushima-Daiichi) d'accepter qu'y soient construits ces sites d'entreposage, en échange de milliards de subventions. Une décision pourrait être prise cette semaine, après déjà des mois de débat. La construction et l'entretien nécessiteront de gros moyens pendant des années, voire des décennies.

Des dépenses qui augmentent au fil du temps

S'y ajoutent 2.168 milliards de coûts directement liés à la gestion de la situation au sein du complexe atomique (dont le problème majeur de l'eau contaminée) et les fonds requis pour le démantèlement des réacteurs saccagés.Le reste relève d'autres dépenses administratives relatives à cet accident.
Kenichi Oshima pointe en outre du doigt le fait que ces coûts vont reposer sur les citoyens, en tant que contribuables si l'Etat paye, ou en tant qu'utilisateurs de courant via la facture émise par la compagnie si elle finit par rembourser les sommes avancées. En théorie, Tepco, sauvée de la faillite par les pouvoirs publics, est censée rendre l'argent avancé.
Selon Kenichi Oshima, la particularité de ce type d'accident est que le coût pour la société augmente au fil du temps et qu'on ne parvient pas à le prévoir et à l'appréhender dans son intégralité.
A.Planète

lundi 15 juillet 2013

Gaz de schiste : arrêt définitif ?

Gaz de schiste: Hollande exclut l'exploration pendant son mandat.

François Hollande a exclu dimanche toute exploration du gaz de schiste  pendant sa présidence, lors d'un entretien télévisé, un engagement salué par les défenseurs de l'environnement pour lesquels le chef de l'Etat a ainsi levé l'ambiguïté sur ce sujet sensible.
«Tant que je suis président, il n'y aura pas d'exploration de gaz de schiste», a dit M. Hollande lors de l'entretien accordé à TF1 et France 2 à l'occasion de la fête nationale.
«C'est quoi le gaz de schiste? C'est un eldorado, là, qu'il suffirait de creuser?», a ironisé le chef de l’État.
Une loi de 2011 «interdit l'exploration du gaz de schiste sur la méthode de la fracturation hydraulique», qui présente des «risques» pour les nappes phréatiques «selon les techniques d'aujourd'hui», a-t-il rappelé. «On en voit un certain nombre de conséquences aux États-Unis».
Le Premier ministre Jean Marc Ayrault avait déjà assuré jeudi qu'il était «exclu d'exploiter des gaz de schiste aujourd'hui en France», des propos visant à rassurer les écologistes et à recadrer son ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg , qui avait évoqué mardi la perspective d'une exploitation «écologique» des gaz de schiste.
L'engagement du chef de l’État semble ainsi mettre fin à une ambiguïté qui accompagne les gouvernements successifs depuis deux ans, entourant les techniques d'extraction de cette resssource.
François Hollande avait annoncé en septembre l'annulation de sept demandes de permis soupçonnés de viser ces hydrocarbures.
Mais deux mois plus tard, il avait rappelé que la recherche de techniques de forage alternatives continuait et qu'il «prendr(ait) ses responsabilités» si une nouvelle technologie apparaissait.
Cette «ambiguïté permanente», pointée par l'ex-ministre de l’Écologie Delphine Batho, donnait des gages à tous ceux qui estimaient que la France n'avait pas les moyens de se passer des gaz de schiste.
Les propos tenus dimanche par François Hollande ont immédiatement été salués par les défenseurs de l'environnement.
«On est satisfait qu'il ferme la porte à l'exploration et à l'exploitation du gaz de schiste, quelle que soit la technique d'extraction», a dit à l'AFP Anne Valette, chargée des questions climat à Greenpeace .
M. Hollande «semble avoir compris que l'enjeu derrière le schiste est avant tout un enjeu climatique, au-delà de la technique d'extraction», a-t-elle ajouté.
«C'est une très bonne nouvelle de voir que le président de la République réaffirme son attachement à une loi qui interdit l'exploration du gaz de schiste», a déclaré à l'AFP le porte-parole de France Nature Environnement (FNE), Benoît Hartmann.
En juillet 2011, au terme de plusieurs mois de mobilisation dans toute la France, le Parlement avait adopté la loi Jacob interdisant la fracturation hydraulique, seule utilisée aujourd'hui pour aller chercher les gaz et pétrole de schiste.
Or, cette loi interdit de fait la recherche de ces hydrocarbures mais ne ferme aucunement la porte à une exploitation future avec d'autres techniques.
«C'est une excellente nouvelle», a dit à l'AFP la présidente du WWF (Fonds mondial pour la nature) France, Isabelle Autissier.
«On était inquiet, on sentait qu'il y avait des pressions», a-t-elle poursuivi.
Pour le président de l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), Pierre Athanaze, «on ne peut que saluer la détermination du président de la République». «Dans les Cévennes, où avaient été autorisées les premières explorations, il y a des villages absolument partout», a-t-il rappelé.
MCD

lundi 8 juillet 2013

On arrète bien le nucléaire.... ailleurs

Espagne: fermeture de la plus vieille centrale nucléaire

Madrid - La licence d'exploitation de la plus vieille centrale nucléaire d'Espagne, à Garoña (nord), arrivera à expiration samedi soir à minuit, après 42 ans d'activité, les écologistes craignant toutefois que la centrale puisse être rouverte à l'avenir.
La centrale avait déjà cessé de produire de l'électricité depuis le 31 décembre dernier, en raison du surcoût lié à l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi sur l'énergie, qui entraînait «des impôts supplémentaires en 2013 évalués à 153 millions d'euros», selon son exploitant. Mais sa licence était encore valable jusqu'à ce samedi.
Le renouvellement de cette licence n'ayant pas été demandé, le ministère de l'Industrie a signé vendredi l'ordre officiel de fin d'exploitation de la centrale, située dans la région de Burgos.
Une décision bienvenue pour les écologistes qui mettaient en doute la sécurité de l'installation, construite en 1971 et l'une des «sœurs jumelles» de celle de Fukushima , au Japon, frappée par un grave accident nucléaire en 2011.
Mais le gouvernement espagnol a laissé la porte ouverte à une possible réouverture de la centrale, sa porte-parole Soraya Saenz de Santamaria assurant lors de la conférence de presse après le conseil des ministres vendredi qu'il s'agissait désormais de «travailler sur la possibilité d'une réouverture à l'avenir, étant donné qu'il n'y a pas de problèmes de sécurité».
L'exploitant de la centrale Nuclenor, contrôlé à parts égales par les deux grands groupes énergétiques espagnols, Iberdrola et Endesa, indique dans un communiqué que la centrale se trouve désormais en phase de «cessation d'activité et début de pré-démantèlement».
Il indique aussi qu'il «ne renonce pas à la possibilité de solliciter un renouvellement de l'autorisation d'exploitation de la centrale si jamais les conditions le permettaient».
Une possibilité qui effraie les écologistes: dans un communiqué, l'association Greenpeace annonce qu'elle «prendra les actions légales nécessaires pour éviter toute mesure visant à éviter la fermeture de la centrale» et convoque une manifestation devant la centrale dimanche à midi.
Garoña était jusque-là la plus ancienne des six centrales nucléaires espagnoles, soit huit réacteurs au total, encore en activité.

dimanche 30 juin 2013

Renouvelables encore un effort...

Les énergies renouvelables, 2e source d'électricité en 2016

New York - Les énergies renouvelables vont doubler le gaz pour devenir la deuxième source d'électricité dans le monde en 2016 derrière le charbon, pronostique l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans une étude publiée mercredi.
«La production d'électricité de l'hydraulique, du vent, du solaire et d'autres sources renouvelables dépassera celle du gaz et sera le double de celle du nucléaire dans le monde en 2016», indique l'AIE dans un rapport sur les perspectives à moyen terme des énergies renouvelables.
La croissance du secteur devrait atteindre un total de 40% au cours des cinq ans à venir, selon l'agence énergétique des pays développés.
En 2018, les énergies renouvelables représenteront 25% de la production d'électricité mondiale, contre 20% en 2011 et 19% en 2006, en s'approchant de la barre des 6.000 térawatts/heure annuels, selon l'AIE.
La croissance viendra essentiellement de l'éolien et du solaire, la part des énergies renouvelables hors hydroélectricité devant passer à 8% en 2018, soit deux fois plus qu'en 2011 et quatre fois plus qu'en 2006.
«C'est une bonne nouvelle pour un système énergétique mondial qui a besoin d'être plus propre et plus diversifié, mais ce ne doit pas être une excuse pour l'auto-congratulation gouvernementale, notamment dans les pays de l'OCDE», souligne la directrice exécutive de l'AIE, Maria van der Hoeven, dans l'étude.
Car si les choses avancent dans l'électricité, les deux autres piliers de la consommation d'énergie mondiale, le chauffage et les carburants, ne verdissent guère.
«Même si le chauffage constitue la plus grande partie de la consommation mondiale d'énergie, les marchés de la chaleur renouvelable ont reçu moins d'attention. De plus grands progrès sont aussi nécessaires pour développer les biocarburants dans le transport», estime l'AIE.
Le chauffage renouvelable (bois essentiellement) devrait représenter 9,6% de la consommation mondiale de chauffage en 2018, contre 8,1% en 2011.
Les agrocarburants ne devraient pas dépasser 3,9% de la demande mondiale de pétrole en 2018, alors qu'ils sont passés de 1,5% à 3,4% entre 2006 et 2012.
Le recul de certains pays comme la Bulgarie, la République tchèque et l'Espagne sur leurs mesures de soutien aux énergies renouvelables est aussi très dommageable, a remarqué Mme van der Hoeven à l'occasion de la présentation du rapport au cours d'une conférence à New York .
Il est selon elle particulièrement «adéquat» d'insister en ce moment en Europe sur l'importance d'instaurer des politiques de long terme alors qu'est débattue au sein de l'Union européenne la nécessité de fixer des objectifs plus ambitieux de réductions des gaz à effet de serre après 2020.
Le vaste plan révélé mardi par le président américain Barack Obama  pour combattre le changement climatique constitue d'ailleurs aux yeux de la responsable «l'exemple clair d'un objectif allant au-delà des quatre ans d'un mandat présidentiel».
«J'espère que d'autres pays suivront ses pas», a déclaré Mme van der Hoeven.

samedi 15 juin 2013

Roumanie : personne ne veut des Gaz de Schiste...

Dans les collines de Roumanie, un prêtre en lutte contre les gaz de schiste

BARLAD (Roumanie) - Dans les collines de l'est de la Roumanie, un prêtre lutte contre un projet d'exploitation du gaz de schiste  par le géant énergétique américain Chevron, dénonçant les risques pour l'environnement et le mépris pour les habitants.
«L'Eglise ne se mêle pas de politique mais s'il y a danger pour la santé ou la vie d'un seul de mes semblables, ma mission m'oblige à intervenir», confie à l'AFP le protopope (archiprêtre) orthodoxe de Barlad (est) Vasile Laiu.Cet homme de 50 ans a passé plus de la moitié de sa vie à «servir» dans cette région rurale et défavorisée.Avec sa soutane noire, il est de toutes les manifestations  contre Chevron organisées par un groupe de citoyens comptant entre autres un géologue, un ingénieur, une notaire.D'autres prêtres ont rejoint ces milliers d'opposants, dans un pays où l'Eglise bénéficie d'une cote de confiance élevée.«Nous avons peur pour l'avenir de nos enfants. Nous ne sommes pas d'accord avec ces gaz qui détruisent la nature», dit Eugenia Paduraru, du village de Simila, louant l'engagement d'un homme «extraordinaire, réellement proche des gens».
Quand le maire a interdit un rassemblement en avril, le père Laiu a accueilli les protestataires dans son église, prêchant la protection de la nature.
L'inquiétude du prêtre et d'une partie des habitants? Voir leurs collines couvertes de forages pour extraire ce gaz, dans une ruée vers l'énergie identique à celle qui a emporté des campagnes entières aux Etats-Unis.
En Europe, Chevron, deuxième groupe énergétique américain, prospecte en Pologne et Roumanie. A Barlad, il dispose depuis 2011 d'une concession de 600.000 hectares et a identifié trois sites pour des forages d'exploration avant une éventuelle exploitation.
La méthode d'extraction des gaz de schiste, la fracturation hydraulique, est controversée. Autorisée dans certains Etats américains mais interdite en France, jugée dangereuse pour l'environnement par des scientifiques, elle consiste à injecter à très haute pression de l'eau mêlée à du sable et des produits chimiques pour libérer le gaz de la roche.
D'où des risques de contamination des nappes phréatiques, selon une étude de l'université américaine Duke.
La question de l'eau est cruciale à Barlad.
La fracturation en nécessite plus de 10.000 m3 par puits. Or «la région souffre de sécheresse», dit le père Laiu. L'été, des villageois font parfois plus de 4 km pour chercher de l'eau.
«Qui voudra acheter notre blé?»
Les eaux usées toxiques pouvant contenir des substances radioactives et leur traitement posent aussi question en région agricole.
La plupart des villageois ont un potager, des arbres fruitiers, un petit élevage.
«Qui voudra acheter du blé, un morceau de fromage» si des millions de litres d'eau toxiques circulent?, s'interroge le prêtre qui pratique en amateur l'apiculture.
Lui dont une partie de la famille a travaillé dans l'industrie pétrolière, était a priori ouvert à cette nouvelle activité. Il dit avoir changé d'avis en parlant avec des géologues, des ingénieurs et en lisant témoignages et rapports sur l'expérience américaine.
Chevron de son côté assure suivre «les standards les plus élevés en terme de sécurité et d'environnement», déclare à l'AFP une porte-parole, Sally Jones.
Le groupe se veut «un partenaire responsable pour aider la Roumanie à explorer ses ressources en gaz de schiste, créer des emplois et protéger l'environnement» dans un département qui compte le plus fort taux de chômage du pays (10%).
Le père Laiu accuse toutefois la compagnie et les hommes politiques d'«ignorer la communauté». Des habitants se sont retrouvés avec des engins de prospection dans le jardin, les murs de leur maison lézardés, raconte-t-il. Chevron «a pensé qu'en raison de la pauvreté et du manque d'information (de la population), ils pourraient travailler facilement».
Certains se sentent «trahis» par les politiques. Quand la coalition de centre gauche (USL) du Premier ministre Victor Ponta était encore dans l'opposition, ses membres, dont le maire et le député de Barlad, manifestaient contre les concessions accordées à Chevron par le gouvernement de centre droit.
Arrivé au pouvoir, M. Ponta a imposé un moratoire sur les gaz de schiste jusqu'à fin 2012. Mais depuis, son gouvernement, comme le président Traian Basescu, défend cette source d'énergie.
Le maire de Barlad Constantin Constantinescu, reconnaît avoir changé: «J'entends d'autres arguments, des pays comme la Grande-Bretagne veulent exploiter les gaz de schiste». Il dit le père Laiu «informé de façon partiale».
«Si le projet se fait, ce sera contre notre volonté. Or, un Etat de droit doit tenir compte de l'opinion des citoyens», rétorque le prêtre.
«Il y a des années, j'ai perdu une fille de quatre ans d'une tumeur. Quand j'ai demandé la cause au médecin, il m'a répondu: +Mon père, Dieu seul le sait, mais nous sommes trop près de Tchernobyl+. Je n'ai pas le droit d'être indifférent à l'environnement. La vie vaut plus qu'un paquet d'argent agité sous nos yeux.»

mercredi 12 juin 2013

Les gaz de schiste indésirables, partout....

ZURAWLOW (Pologne) - En Pologne, le combat de villageois contre Chevron et le gaz de schiste

ZURAWLOW (Pologne) - Une vingtaine d'habitants de Zurawlow, un village du sud-est de la Pologne, bloque depuis plusieurs jours les travaux du géant américain Chevron sur un site d'exploration de gaz de schiste, dénonçant les risques pour l'environnement dans leur région, a constaté l'AFP sur place.
Deux grands tracteurs, décorés de drapeaux aux couleurs nationales, blanc et rouge, bloquent une route de campagne qui mène au champ que Chevron voulait clôturer avec une grille.«Ils vont d'abord mettre une grille, c'est juste un prétexte pour commencer leurs travaux. Puis, on n'y aura plus accès et on ne pourra plus protester contre Chevron qui fera ce qu'il voudra: des tests sismiques, puis des forages», dit Wieslaw Gryn, l'un des plus riches agriculteurs de la commune, qui exploite quelque 300 hectares.Dans les champs, des banderoles proclament: «Empoisonneurs, quittez nos terres», «Stop fraking Chevron - Occupy Chevron», «Nous ne voulons pas de gaz».«Nous protestons depuis neuf jours, 24 heures sur 24 heures», déclare Andrzej Bak, l'un des manifestants. «En cas de besoin, je peux appeler tous les voisins qui peuvent très vite venir en renfort», dit-il en montrant une liste de plusieurs dizaines de noms. «S'il le faut, 300 hommes viendront ici en 
 
quelques minutes», assure-t-il.
En mars 2012, ces mêmes habitants avaient réussi à bloquer les travaux de Chevron. «Nous avons gagné et

Chevron nous a promis qu'ils ne feront rien ici», dit M. Bak.
«Aujourd'hui encore, nous n'allons pas laisser Chevron entrer sur nos terres. On ne veut pas de gaz ici. Tout ce qu'on veut, c'est vivre comme nous vivions, avoir de l'air pur et de l'eau propre», ajoute Bozena Staszczuk, une mère de famille venue avec ses trois fillettes pour protester.
Soutien de José Bové
Sous une tente militaire, les protestataires ont leur état major. C'est ici qu'ils mangent, qu'ils dorment sur la paille. Dans une cuisine militaire, ils préparent une soupe. Connectés via skype, ils cherchent le soutien des médias étrangers.
Un militant écologiste autrichien de Graz appelle les manifestants pour les encourager. «Tenez bon, on vous soutient pleinement et on espère que vous gagnerez», leur dit par skype Joseph Obermosir.
Le militant français José Bové  leur a aussi apporté son soutien, ainsi que plusieurs ONG écologistes en France.
«En Pologne, personne ne s'intéresse à nous, les médias polonais soutiennent le gouvernement qui veut à tout prix que le gaz de schiste   soit exploité en Pologne», affirme M.Bak.
La Pologne, qui couvre les deux tiers de sa consommation grâce au gaz russe, entend investir 12,5 milliards d'euros d'ici à 2020 pour exploiter ses gisements de gaz de schiste, évalués à près de 2.000 milliards de m3 par l'Institut national de Géologie (PIG). Ce pays de 38 millions d'habitants consomme actuellement environ 14 milliards de mètres cubes de gaz par an.
«Nous avons peur que dans quelques années notre terre ne devienne aride, alors que cette terre c'est notre vie, elle nous nourrit et nous donne du travail», dit M. Gryn.
«Et puis personne n'a demandé notre avis, personne ne nous a consultés. Et nous sommes pourtant un pays démocratique, un membre de l'UE» ajoute Andrzej Bak. «On ne lâchera pas, on va protester jusqu'à ce qu'ils partent, même si on doit passer l'hiver sous cette tente», dit-il.
Interrogée par l'AFP, la porte-parole de Chevron Pologne, Grazyna Bukowska, a assuré que le pétrolier américain agissait en toute légalité.
«Nous sommes au courant de cette action de protestation. Chevron dispose de toutes les autorisations nécessaires pour commencer les travaux à Zurawlow. Nous installons une clôture pour délimiter le terrain que nous avons pris en location», a-t-elle déclaré.
A Ksiezomierz, un village situé à une centaine de kilomètres de Zurawlow, Chevron réalise aussi un forage d'exploration, mais les habitants ne s'y opposent pas, au contraire.
«C'est peut-être une chance pour notre village, du travail pour nos habitants», déclare à l'AFP Dariusz Przywara qui, de sa maison, voit l'énorme tour de forage édifiée sur une colline. Le site vient d'être béni par le curé du village et visité par ses habitants lors d'une journée «portes ouvertes».

mercredi 5 juin 2013

La loi sur la Transition Energétique renvoyée à l' année prochaine...

La loi sur la transition énergétique adoptée l'an prochain


- La ministre de l'Ecologie et de l'Energie Delphine Batho a confirmé mercredi que la loi de programmation énergétique qui doit être présentée cet automne par le gouvernement ne serait pas adoptée avant l'an prochain.
Cette loi doit s'inspirer des recommandations issues du débat national sur la transition énergétique (c'est-à-dire le passage à une économie moins dépendante des énergies fossiles et du nucléaire), un exercice démarré fin 2012 et qui se rapproche de son terme.
«Sur le calendrier du débat national, nous aurons début juillet la restitution des débats territoriaux (...), ensuite il y aura une conclusion des travaux vers le début de la deuxième quinzaine de juillet, et formellement les recommandations seront remises solennellement au Président de la République lors de la conférence environnementale qui aura lieu les 20 et 21 septembre» 2013, a déclaré la ministre au cours d'une audition par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.
«En ce qui concerne le projet de loi, nous sommes toujours sur un calendrier avec une présentation à l'automne du projet, qui devra ensuite suivre la procédure particulière des projets de loi de programmation, ce qui veut dire qu'il viendra j'imagine au Parlement début 2014», compte tenu du fait que les parlementaires seront occupés fin 2013 par les textes budgétaires. MCD

dimanche 21 avril 2013

Les pétroliers fond le forcing....

Loi sur le gaz de schiste: Le Conseil d'Etat saisi par un groupe pétrolier

ENERGIE - Schuepbach Energy conteste la loi française interdisant la fracturation hydraulique...

Le Conseil d'Etat a indiqué jeudi être saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par la société pétrolière Schuepbach Energy pour contester la loi française interdisant la technique de la fracturation hydraulique pour l'exploitation des gaz de schiste. La plus haute juridiction administrative a trois mois pour statuer sur le renvoi ou non de cette QPC devant le Conseil Constitutionnel, qui déterminerait alors sur le fond si la loi du 13 juillet 2011 est conforme à la Constitution.

«La loi ne justifie pas l'abrogation» des permis

La société américaine Schuepbach Energy, qui possédait deux permis d'exploration abrogés en 2011, a contesté dans une QPC les articles 1 et 3 de cette loi auprès du tribunal de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), qui a renvoyé la décision au Conseil d'Etat. «Les articles 1, visant à interdire l'exploitation des mines d'hydrocarbures par fracturation hydraulique et 3, visant à abroger les permis de recherche ayant recours à cette technique» sont concernés, a indiqué à Reuters le Conseil d'Etat. Le groupe Schuepbach Energy n'était pas joignable pour commenter sa démarche.
Interrogé sur cette procédure, qui pourrait invalider la loi interdisant de fait l'exploitation des gaz de schiste en France, Total a indiqué être également en procès avec l'Etat depuis deux ans concernant l'abrogation de son permis de Montélimar. «Nous avons attaqué la décision d'abrogation de notre permis mais Total n'a pas attaqué la loi. Nous sommes en procès avec l'Etat depuis deux ans», a déclaré jeudi Bruno Courme, directeur général de Total Gas Shale Europe, à des journalistes. «Mais nous ne sommes pas concernés par cette QPC. Nous considérons simplement que la loi ne justifie pas l'abrogation car nous nous étions engagés à ne pas faire (de fracturation hydraulique)», a-t-il ajouté.
Total a également déposé sa demande auprès du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, juridiction dont dépend le ministère de l'Energie, a-t-il précisé.
Pas d’alternative à la fracturation hydraulique pour Schuepbach
 La technique de la fracturation hydraulique, critiquée pour son impact environnemental et visuel, a été interdite en France par la majorité précédente, qui avait auparavant délivré plusieurs permis d'exploration à des groupes pétroliers. Après la loi du 13 juillet 2011, Total s'était engagé à ne pas recourir à la fracturation hydraulique sur son permis de Montélimar - abrogé à l'automne -, contrairement à Schuepbach qui avait dit ne pas pouvoir y renoncer en l'absence de solution alternative.
Deux permis du groupe américain avaient en conséquence été abrogés dans l'Aveyron et en Ardèche.
La France pourrait disposer de 5.000 milliards de mètres cubes de gaz de schiste selon des études internationales mais aucune recherche n'a été effectuée sur le terrain pour confirmer ces chiffres. Avant de transmettre cette QPC au Conseil Constitutionnel, le Conseil d'Etat doit notamment établir si les dispositions critiquées sont applicables à cette procédure, si elles n'ont pas déjà été déclarées conformes à la Constitution et si la question est «nouvelle ou présente un caractère sérieux».

mardi 26 mars 2013

Débat sur la Transition Energétique dans le Diois...



Je trouve un petit moment ce soir pour t'envoyer la charte et la lettre envoyée aux mairies.
Je te rappelle les dates :
5 Avril, 20 h, salle de la mairie à Châtillon en Diois;
15 Avril, 20h, salle des Voconces à Luc et
Le 6 Mai, 20 h 30, salle polyvalente à Die.
A l'automne 2013 un projet de loi pour la transition énergétique sera présenté au Parlement.
Afin de préparer cette étape primordiale, le Gouvernement, relayé par les Conseils régionaux, lance un grand débat national sur la transition énergétique. Des réunions publiques, qui peuvent être organisées jusqu’à fin mai, sont l’occasion de sensibiliser les citoyens aux enjeux énergétiques, et doivent permettre de récolter leur avis par la réponse à 4 questions prédéfinies.
Dans la vallée de la Drôme le collectif « Transition énergétique » s’est constitué et prépare des débats locaux sous la forme d’ateliers participatifs ouverts à tous. Pour toucher le plus grand nombre, nous voulons ces rencontres locales et concrètes, nous en organisons donc 6 réparties sur le territoire et chacune comportera plusieurs témoignages de porteurs d’initiatives locales de transition énergétique. Vous trouverez dans le document joint, une présentation plus détaillée du projet et nos engagements éthiques pour atteindre nos objectifs communs.
Ce débat national nous paraît une opportunité à saisir pour créer une dynamique locale visant la mise en œuvre conjointe de la transition énergétique. Nous vous sollicitons pour soutenir notre projet et idéalement en être partie prenante.
Nos attentes :
- Avoir le soutien moral de la collectivité matérialisé par l’apport de son logo sur nos documents de communication ;
- Lors de la préparation du contenu des ateliers participatifs, bénéficier de l’expertise des techniciens de la collectivité par l’apport de données en lien avec la Transition énergétique sur le territoire ;
- Lors des ateliers, bénéficier de l’expertise des techniciens de la collectivité par leur participation ;
- Afin de toucher le plus grand nombre, bénéficier de l’aide matériel de la collectivité par l’impression de tracts, d’affiches, et par la diffusion de l’information sur programmation de ces ateliers ;
- Dans le cas où la collectivité souhaite être partie prenante de l’organisation de ces débats locaux aux côtés du collectif actuel, alors nous vous proposons de nous rencontrer pour vous présenter de vive-voix le projet et convenir ensemble des modalités pratiques de ce partenariat.
Nous vous remercions d’accueillir positivement notre démarche.
Amitiés et merci pour tout   
Marc ISOARD
Collectif « Transition énergétique » de la vallée de la Drôme
Pour le Diois, Le collectif
ADTE,  Association Dioise pour la Transition Énergétique
Contact : 04 75 21 19 10 transition.energétique.diois@orange.fr
ENERCOOP,  Coopérative énergétique
EQ,  Écologie au Quotidien
FAEP,  Familles A Énergie Positive
Vallée de la Drôme Énergie citoyenne
Pour le Val de Drôme, CTVD Collectif Transition du Val de Drôme : 04 75 42 54 58 
Marc Isoard et Mireille Verdet
Le Serre de Pibous et Cougnès
26150 DIE
Tél : 04 75 21 19 10
Une boîte mail a été ouverte au nom de l’association. transitionenergetiquedioise@gmail.com  

dimanche 3 mars 2013

Chaine humaine ce 9 mars à Paris...



Le succès de la grande chaîne humaine du 9 mars 2013 à Paris dépend aussi de vous !
Il est urgent que vous diffusiez largement u dans votre newsletter l'information concernant cet évènement national exceptionnel :
- Pourquoi une grande chaîne humaine pour l'arrêt du nucléaire le 9 mars 2013 à Paris :
http://chainehumaine.org/Pourquoi-cette-chaine
- De nombreux départs sont organisés de toute la France :
http://chainehumaine.org/Departs-groupes
- Voir le trajet de cette chaîne humaine qui traversera tout Paris d'ouest en est :
http://chainehumaine.org/Trajet-de-la-chaine
- Inscrivez-vous à la chaîne humaine :
http://chainehumaine.org/Inscription
- Un programme exceptionnel avec le soir, un concert gratuit, du théâtre... :
http://chainehumaine.org/Programme
- De nombreux artistes et personnalités soutiennent cet évènement :
http://chainehumaine.org/Personnalites-et-artistes
- Une France sans nucléaire, ça marche ! (découvrez les solutions et signez l'appel) :
http://chainehumaine.org/Je-signe
Merci d'avance pour votre aide !
Bien cordialement,
Philippe Brousse
Coordinateur général
Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 940 associations
Agréée pour la protection de l'environnement
9 rue Dumenge
69317 Lyon Cedex 04
Mail : philippe.brousse@sortirdunucleaire.fr
Web : http://www.sortirdunucleaire.org
Fixe : 04 78 28 29 22
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dimanche 24 février 2013

Réduire nos consommations en isolant

Le gouvernement s'attaque aux passoires énergétiques

Les ministres du Logement et de l'Ecologie devraient préciser aujourd'hui le contenu du grand plan de rénovation thermique des bâtiments...

Fini les passoires énergétiques. Cécile Duflot, ministre de l'Égalité des territoires et du Logement, et Delphine Batho, ministre de l'Écologie, se rendent ce mercredi à Melun (Seine-et-Marne) pour mettre en valeur l’action de l’Agence nationale de l'habitat (Anah), chargée d’accompagner le grand plan de rénovation thermique promis par le gouvernement. L’objectif de ce plan est de réduire la consommation d’énergie de 500.000 logements anciens par an, en donnant la priorité aux quatre millions de ménages «énergétiquement précaires».

Des mesures fiscales incitatives

Selon les informations du Parisien, le premier axe de ce plan sera l’isolation des HLM. Les offices HLM devaient ainsi pouvoir bénéficier plus facilement de prêts Eco PLS (prêt logement social) pour investir dans l’isolation de 70.000 à 120.000 logements par an. Les particuliers pourront eux bénéficier du crédit d’impôt développement durable (CIDD) et du prêt à taux zéro (Eco PTZ) pour financer leurs travaux: l’Etat leur accordera une rallonge de 600 millions d’euros, qui devrait permettre de faire passer le nombre de logements privés rénovés à 280.000 par an.
Le CIDD permet de déduire de l’impôt sur le revenu une partie des dépenses réalisées (8.000 euros maximum par habitant du logement) pour certains travaux d'amélioration énergétique portant sur une résidence principale, explique l’Ademe. L’ecoPTZ, lui, s’appliquera toujours de la même manière: il permet aux propriétaires de logements construits avant 1990 d’obtenir un prêt pouvant aller jusqu’à 30.000 euros, remboursables sur dix ans, pour financer leurs travaux de rénovation. Enfin, un fonds d’investissement dédié à la rénovation thermique pourrait être créé. Il prendrait en charge une partie ou la totalité du coût des travaux et se rembourserait ensuite sur les économies de consommation d’énergie réalisées.

Rendre la rénovation obligatoire?

Mais le gouvernement arrivera-t-il par de simples mesures fiscales incitatives à entraîner les Français dans une démarche vertueuse? Jean-Marc Jancovici, expert en énergie et membre du think-tank The Shift Project, estime que la rénovation devrait devenir obligatoire. Mais «pas n’importe comment ni n’importe quand»: «Il faudrait greffer cette obligation sur les moments où c’est malin de la mettre en œuvre, soit quand les gens font des travaux, soit quand les logements sont libres entre deux propriétaires ou locataires soit quand on fait le ravalement des copropriétés», explique-t-il à 20 Minutes. Dans ce dernier cas, ajouter des travaux d’isolation thermique par l’extérieur ne renchérirait le coût des travaux que de 5 à 10%. «Une obligation planifiée dans le temps permettrait également aux filières de s’organiser et aux artisans de se former», estime Jean-Marc Jancovici, pour qui la création d’un label pour les entrepreneurs du bâtiment serait indispensable pour assurer la confiance des propriétaires.
En France, environ un tiers du parc immobilier serait une «passoire énergétique». Le bâtiment représente 40% de la consommation énergétique et est à l’origine d’un quart des émissions de gaz à effet de serre du pays. Selon les calculs de l’Ademe, la rénovation thermique de 500.000 logements par an d'ici 2030 et la construction de 310.000 à 350.000 logements sobres permettraient une baisse de 30% de la consommation en vingt ans.
Audrey Chauvet

vendredi 22 février 2013

Débat sur l' énergie , on avance....

Laurence Tubiana, une négociatrice au coeur du débat sur l'énergie

La spécialiste des négociations sur le climat Laurence Tubiana, cheville ouvrière du débat national sur la transition énergétique, est une adepte des «discussions serrées» autour d'une table plutôt que des slogans tapageurs pour faire avancer la cause de l'environnement.
«Mon rôle est de faire en sorte que le plus de gens possible participent, et donc comprennent l'intérêt du débat, et qu'on réponde bien tous à la même question», confie à l'AFP la chercheuse en économie, regard perçant sous des mèches grises, à la veille de la quatrième séance plénière du débat, jeudi à Paris.
En désignant Laurence Tubiana, 61 ans, comme «facilitatrice» de ce débat sensible, le gouvernement a misé sur une experte discrète. Une négociatrice rompue aux discussions au long cours, à même de manier le langage des ONG comme celui du gouvernement et des entreprises, qui vient par ailleurs de décliner la présidence de l'Agence de l'environnement (Ademe).
Plus de trois ans après le fiasco du sommet de Copenhague, fin 2009, où elle était aux premières loges en tant que négociatrice française, l'économiste défend l'intérêt de tels débats domestiques pour redonner du souffle à la lutte contre le changement climatique.
«Ce n'est qu'à partir du moment où ces réflexions auront été faites sur le plan national qu'on pourra débloquer les choses internationalement, sinon les positions défensives vont toujours l'emporter», estime la directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), un centre de recherche qu'elle a fondé en 2001.
Chercheuse à l'INRA, c'est dans le camp des ONG, avec son association Solagral, qu'elle a mené ses premières batailles dans les années 80, en faveur de la solidarité alimentaire agricole et alimentaire entre le Nord et le Sud.
Le déclic «environnemental», lui, remonte au sommet de Rio, en 1992, quand émerge «un conflit, pour moi aberrant», entre développement économique et protection de la planète: «Il fallait trouver une voie pour concilier les deux, sinon on allait dans le mur», se souvient-elle.
Conseillère de Jospin
De gauche, Laurence Tubiana intègre, de 1997 à 2002, le cabinet de Lionel Jospin - comme chargée de mission puis conseillère environnement du Premier ministre - et participe aux négociations internationales.
«Les diplomates me regardent comme quelqu'un de différent mais qui peut apporter quelque chose», estime-t-elle, se rappelant notamment d'ultimes tractations en 2000 à Montréal pour conclure le protocole de biosécurité sur les OGM.
Au petit matin, alors qu'un échec se profile, la négociatrice se souvient avoir soumis au groupe des pays en développement une position européenne vieille de plusieurs jours.
«Alors que tout était bloqué, j'ai traversé la salle dans un silence absolument complet et je leur ai donné le texte en leur disant: est-ce que vous le prendriez? Ils l'ont présenté comme si c'était leur texte, et l'accord s'est fait...», sourit-elle, assurant y avoir gagné «des amitiés éternelles de leur côté».
Pour le député européen Yannick Jadot, Laurence Tubiana fait partie des «gens qui sont capables de faire en sorte que les débats aient lieu».
D'autres, comme le journaliste et blogueur Fabrice Nicolino, voient davantage en elle une habituée des «comités Théodule», trop proche des entreprises, dont plusieurs (EDF, GDF-Suez, Veolia ou Lafarge) financent son institut.
«Il faut parler avec les entreprises, mais sérieusement. S'il n'y a pas la possibilité de discuter avec elles, on n'obtiendra pas de changement», se défend Laurence Tubiana, qui assure veiller à «l'équilibre» des financements de l'Iddri pour «ne pas dépendre de quelqu'un».
MCD

vendredi 15 février 2013

Tchernobyl continue...

Tchernobyl: Vinci et Bouygues ont évacué leur personnel après un incident

SÉCURITÉ - Les deux entreprises étaient sur place pour construire un nouveau sarcophage...

Près de 80 employés de Vinci et Bouygues ont été évacués «par précaution» de la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl après l'écroulement mardi d'un toit et d'un mur sur le site, ont indiqué les deux groupes français de BTP à l'AFP ce mercredi.
Vinci et Bouygues travaillent sur place à la construction de l'enceinte de confinement du sarcophage recouvrant les restes du réacteur accidenté en 1986.

Un sarcophage qui tombe en ruines

Un toit et un mur se sont écroulés partiellement mardi à plusieurs dizaines de mètres du chantier, sans faire de victime ni provoquer de hausse de la radioactivité, selon le service de presse de la centrale.
Le chantier, d'un coût d'un milliard d'euros, tournait au ralenti en raison du mauvais temps. Il a été évacué immédiatement par précaution et l'ensemble des collaborateurs de Novarka, l'entreprise conjointe de Vinci et Bouygues, ont été contrôlés, a indiqué une porte-parole de Bouygues.
«Novarka est en train d'effectuer toutes les mesures de contrôle de contamination surfacique. Celles-ci sont jusqu'à présent en dessous des seuils admissibles», a ajouté la porte-parole de Bouygues.
Pour les deux groupes français, «cet état des lieux déterminera la date de reprise des travaux».

Niveau de radioactivité «inchangé»

«Le niveau de radioactivité à la centrale de Tchernobyl et dans la zone qui l'entoure demeure inchangé. Il n'y a pas de victimes», a indiqué de son côté la centrale dans un communiqué. «La surface endommagée est d'environ 600 mètres carrés», selon la même source.
L'incident, dû à l'accumulation de neige sur le toit, a touché mardi la salle de turbines de la centrale, située à plus de 50 mètres du sarcophage qui recouvre le réacteur, a précisé à l'AFP la porte-parole de Tchernobyl, Maïa Roudenko.
Il n'y a pas de travaux dans ce local actuellement et le personnel de la centrale ne s'y rend que pour des inspections, a-t-elle expliqué. «Rien de grave ne s'est produit», assuré Mme Roudenko.
L'explosion en 1986 du réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl, situé à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, près des frontières russe et bélarusse, avait contaminé une bonne partie de l'Europe, mais surtout l'Ukraine, la Russie et le Bélarus, alors républiques de l'URSS.
MCD-APL

jeudi 7 février 2013

La gabegie nucléaire...

Un accident nucléaire coûterait 430 milliards d'euros à la France

ENERGIE - L'Institut de sûreté nucléaire a chiffré le coût d'un accident «grave» ou «majeur» dans une centrale française...

Non seulement il faudrait que nous soyons encore en vie, mais en plus il faudrait être en forme pour trouver la bagatelle de 430 milliards d’euros. Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), un accident nucléaire classé «majeur», de niveau 7 sur l’échelle Ines (échelle internationale des événements nucléaires) soit autant que Tchernobyl ou Fukushima, coûterait 430 milliards d’euros à la France, rapporte le quotidien Les Echos. L’étude de l’IRSN, présentée ce mercredi, évalue également le coût d’un accident «grave», soit de niveau 6, à 120 milliards d’euros. 
Pour un accident «grave», soit une fusion du cœur du réacteur, le premier coût serait un «coût d’image» affirme l’IRSN. L’économie française subirait ainsi une chute de ses revenus touristiques et de ses exportations agro-alimentaires de l’ordre de 47 milliards d’euros. Le second coût serait celui de la réduction de la durée de vie des centrales françaises: si on décidait de les faire vivre dix ans de moins, cela coûterait 44 milliards d’euros. Au total, ce sont 6% du PIB et trois à six années de croissance qui seraient anéantis.

Au niveau 7, «une catastrophe ingérable»

Si un accident de la sorte serait «un désastre national gérable», l’IRSN n’hésite pas à dire qu’un accident de niveau 7 serait «une catastrophe européenne ingérable». Réfugiés radiologiques, populations déplacées et nombre élevé de cancers auraient certes des conséquences économiques majeures mais pourraient surtout provoquer un chaos incontrôlable.
Aucun accident nucléaire n’a dépassé le niveau 4 en France, atteint par l’accident de Saint-Laurent-des-Eaux, dans le Loir-et-Cher, en 1980. Ces données, fournies aux «gestionnaires de crise et aux autorités de sûreté» françaises, pourraient également donner du grain à moudre aux anti-nucléaires, qui lui reprochent souvent de présenter des risques tellement grands qu’il lui est impossible de s’assurer en cas d’accident.
Audrey Chauvet

samedi 15 décembre 2012

La lutte contre les projets inutiles s' enracine...

Notre-Dame-des-Landes: réunion des comités de soutien pour créer une "plateforme de revendications"

Environ 300 représentants des comités de soutien à la lutte contre l'aéroport nantais deNotre Dame des Landes  étaient rassemblés samedi sur place pour assister à une première assemblée générale organisée par les opposants au projet et destinée à élaborer "une plateforme commune de revendications, a constaté une journaliste de l'AFP.
Quelques 180 comités de soutien de toute la France étaient officiellement répertoriés samedi et "ça gonfle de partout" a indiqué à l'AFP Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, la principale organisation d'opposants.
Samedi, beaucoup de représentants venaient des régions limitrophes des Pays de la Loire mais les organisateurs attendaient également des délégués des comités de Mulhouse , Nice et Marseille notamment.
Ces rencontres, prévues sur deux jours, doivent permettre d' "harmoniser le message que nous voulons porter face au monde politique, a ajouté Julien Durand. Il faut que chaque comité agisse localement en collant la problématique de Notre-Dame-des-Landes à des actions menées chez eux" contre d'autres projets d'infrastructures suscitant aussi des oppositions.
"Il y aura des interpellations d'élus partout et des recours partout en même temps" contre l'aéroport, a déclaré Dominique Fresneau, co-président de l'Acipa.
"Cette lutte est emblématique : j'ai très envie que cette lutte gagne car sinon d'autres projets inutiles vont nous être imposés", a dit Norbert Bossu, venu du département de la Loire et évoquant en particulier les gaz de schiste.
Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes prévoit de remplacer en 2017 l'actuel aéroport de Nantes Atlantique.
Ce dossier, qui suscite une très vive opposition notamment depuis l'intervention des forces de l'ordre, a pris une tournure nationale du fait de l'implication du Premier ministre Jean Marc Ayrault , ancien député-maire de Nantes, qui est particulièrement visé par les critiques visant cette infrastructure déclarée d'utilité publique en 2008.

mercredi 7 novembre 2012

La fin des gaz de schiste ?

Gaz de schiste: Le gouvernement ne reprendra pas la proposition Gallois

ENVIRONNEMENT - Le rapport Gallois estime que l'exploitation de gaz de schiste en France pourrait relancer la compétitivité...

Le gouvernement ne retiendra pas parmi ses mesures pour relancer la compétitivité la reprise des recherches sur l'exploitation des gaz de schiste, préconisée dans le rapport du commissaire à l'investissement, Louis Gallois, a-t-on appris lundi auprès de Matignon. Selon les services du Premier ministre, «cette proposition n'est pas retenue, la ligne édictée par le président de la République lors de la conférence environnementale reste inchangée». Jean-Marc Ayrault présentera mardi des premières mesures pour relancer la compétitivité.

Risque de fracture… avec les écologistes

Le rapport Gallois a relancé lundi le débat sur les gaz de schiste, un dossier qui empoisonne la majorité, en plaidant pour la recherche de techniques alternatives à la fracturation hydraulique, une technique interdite en France et à laquelle l'exécutif avait réaffirmé son opposition en septembre. L'ex-patron d'EADS et de la SNCF s'est ainsi fait l'écho des industriels, qui n'ont cessé de réclamer une réouverture du débat sur les gaz de schiste depuis l'interdiction en 2011 par l'ancienne majorité UMP de la fracturation hydraulique, seule technique existante permettant d'extraire cette ressource non-conventionnelle du sous-sol.
Avant même la publication du rapport, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, tout en réaffirmant l'opposition du gouvernement à la fracturation hydraulique, a dit vouloir «réfléchir» à l'exploitation du gaz de schiste, qui «sera certainement sur la table». Il a été rejoint par son collègue socialiste Alain Vidalies, ministre délégué aux Relations avec le Parlement, qui a assuré qu'au sein du gouvernement, personne ne pensait qu'il fallait écarter le gaz de schiste «pour l'éternité». Ces prises de position ont déclenché l'ire de Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat. «Si le Premier ministre reprend ces propositions du rapport Gallois, il y aura une large fracture dans la majorité avec les écologistes», a-t-il mis en garde.

mardi 2 octobre 2012

Ou est la Société Civile ?

Les ONG réclament des assurances sur le débat sur la transition énergétique

Douze ONG environnementales ont demandé lundi à la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, de clarifier les modalités du débat sur la transition énergétique qui doit s'ouvrir en novembre, menaçant de "se désolidariser" du processus si elles n'étaient pas suffisamment associées.
Ce débat, qui doit se dérouler de novembre à mai 2013, doit définir comment la France mettra en oeuvre l'engagement de François Kollande de ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 à 50% à l'horizon 2025.
A l'issue de la conférence environnementale, organisée à la mi-septembre, le gouvernement a précisé les contours de ce débat.
Dans un courrier commun adressé à Delphine Batho, les 12 associations, dont Grennpeace , France Nature Environnement, le WWF, la Fondation NicolasHulot ou les Amis de la Terre, estiment toutefois que ce "cadre général" présenté par le gouvernement "nécessite d'être complété, voire modifié".
Des "précisions doivent être apportées", déclarent-elles dans ce courrier dont l'AFP a obtenue copie, notamment sur les missions du comité d'experts scientifiques sur lequel doit s'appuyer ce débat.
"Les missions du comité ne doivent pas se limiter à un simple rôle d'avis sur les documents servant de base au débat, mais bien comprendre la production d'expertises au cours du débat, avec les moyens financiers correspondants", demandent-elles à la ministre de l'Ecologie et de l'Energie.
Les associations veulent par ailleurs pouvoir "proposer des membres et être associées au choix des personnes" qui composeront le comité de pilotage du débat, rappelant le "rôle crucial" de cette instance.
Elles souhaitent aussi avoir "l'assurance" que la phase de participation du grand public, prévue de janvier à avril 2013, "sera au coeur du processus et non à la périphérie comme lors du Grenelle de l'environnement".
Les ONG soulignent que la "démarche de concertation" initiée lors de la conférence environnementale "doit se poursuivre et s'amplifier, faute de quoi elles pourraient être amenées à se désolidariser d'un processus dont les modalités de mise en place (...) contrediraient les objectifs initiaux".

lundi 24 septembre 2012

Vigilence accrue sur les gaz de schiste...

Gaz de schiste: Plusieurs manifestations à travers la France

PLANETE - A l'occasion de la journée internationale contre la fracturation hydraulique...

Plusieurs manifestations contre le gaz de schiste ont été organisées ce samedi à Paris, en Ile-de-France, dans le Gard et le Tarn-et-Garonne à l'occasion de la journée internationale contre la fracturation hydraulique, ont constaté des journalistes de l'AFP.
«Malgré les déclarations du chef de l'Etat, les permis d'exploration et d'exploitation pour les gaz et pétrole de schiste déjà accordés sont nombreux. Les travaux commencent à l'automne prochain, en Seine-et-Marne», expliquent dans un communiqué les collectifs citoyens qui ont organisé ces manifestations.

3.500 personnes attendues dans le Gard

Ces collectifs souhaitent que François Hollande rejette les demandes de permis et retire ceux déjà accordés concernant la recherche d'hydrocarbures. Ils estiment qu'une grande partie de ces permis ou demandes visent des gaz et pétrole de schiste, des hydrocarbures exploitables seulement par la technique de la fracturation hydraulique considérée à risques pour l'environnement et la santé.
Les principales manifestations ont eu lieu à Saint-Christol-lès-Alès (Gard), Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne) et à Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne) lors de cette «journée mondiale contre les gaz et pétrole de schiste».
A Saint-Christol-lès-Alès, 3.500 personnes étaient attendues tout au long de la journée pour des ateliers de sensibilisation, selon Jacqueline Balvet, en charge de l'organisation de cette manifestation.

Corinne Lepage à la rencontre d'élus locaux

Des rencontres par visioconférence sur internet ont été organisées avec des militants espagnols et polonais. Des témoignages de la situation au Québec, en Pennsylvanie (Etats-Unis) et aux Pays-Bas ont également été projetés. Une trentaine de stands de différentes associations ont été montés dans le centre du village gardois.
La députée européenne Corinne Lepage, fondatrice de Cap21, est venue dans la matinée à la rencontre des élus locaux. «On n'est pas sorti du problème», a-t-elle dit à l'AFP, précisant que «102 permis avaient déjà été déposés et seulement sept avaient fait l'objet d'un rejet».
En Seine-et-Marne, entre 400 et 500 personnes se sont rassemblées pour protester contre l'exploration du gaz de schiste, selon un journaliste de l'AFP, «600», selon les organisateurs de l'opération. Dans ce département, sept communes sont concernées par des forages prévus en novembre dans le cadre de plusieurs permis d'exploration d'hydrocarbures.

Des clowns au Trocadéro

A Paris, place du Trocadéro, une trentaine de personnes grimées en clowns ont mimé le forage symbolique d'un puit lors d'une manifestation éclair, selon un photographe de l'AFP.
Réunies à Beaumont-de-Lomagne, environ 400 personnes ont formé une chaîne humaine en début d'après-midi autour de la halle où ils ont organisé des débats et animations pendant toute la journée. Ils ont dansé une farandole dans une ambiance bon enfant en criant «non aux gaz de schiste». Ils demandent «le vote d'une loi interdisant totalement l'expérimentation, l'exploration et l'exploitation des gaz et huiles de schiste, quelle que soit la technique utilisée le plus rapidement possible».
Beaumont est concernée par l'une des sept demandes de permis d'exploration dont le chef de l'Etat a annoncé le rejet.

samedi 18 août 2012

Respecter les peuples...


Brésil: un tribunal ordonne l'arrêt du chantier du barrage géant de Belo Monte

Un tribunal brésilien a ordonné mardi l'arrêt des travaux du barrage de Belo Monte, le troisième plus grand ouvrage de ce type en construction dans le monde, au coeur de l'Amazonie brésilienne, au motif que les indiens de la région n'avaient pas été préalablement consultés.
Le Tribunal régional fédéral de la première région (TRF1) a indiqué avoir "ordonné l'arrêt des travaux parce que les indigènes n'avaient pas été consultés avant le début de la construction".
"En 2005, quand le parlement brésilien a approuvé ce chantier, il a exigé une étude d'impact environnemental postérieure au lancement des travaux et non préalable comme l'ordonne la loi", a souligné le tribunal.
Les indiens devront être auditionnés par les parlementaires avant que les travaux ne puissent reprendre, selon une source de ce tribunal qui a précisé que cette décision était susceptible d'appel par le consortium public Norte Energia, en charge des travaux.
Le consortium, interrogé par l'AFP, a indiqué attendre la notification officielle du jugement pour y répondre sur le plan juridique.
Le tribunal a fixé une amende journalière de 250.000 dollars en cas de non respect de sa décision par le consortium.
"C'est une décision historique pour le pays et pour les peuples (du fleuve) Xingu. C'est une grande victoire qui montre que Belo Monte n'est pas un fait acquis. Nous sommes très heureux et satisfaits", a réagi Antonia Melo, coordinatrice du Mouvement Xingu Vivo.
En construction sur le fleuve Xingu, le barrage d'un coût de près de 13 milliards de dollars, est le plus important en cours d'édification au Brésil et le troisième du monde. Il fournira 11.233 MW, soit 11% de la capacité installée du pays.
Son édification entraînera l'inondation de 502 km2. Et même si les terres des populations indiennes locales ne sont pas inondées, leur mode de vie risque d'être affecté car elles tirent leur subsistance de la pêche.
Le gouvernement prévoit des investissements de 1,2 milliard de dollars d'ici à la fin des travaux pour réduire les impacts négatifs de la construction. La première turbine devrait entrer en opération en 2015 et la dernière en 2019.
Il est normalement prévu que d'ici la fin de l'année 12.000 ouvriers travaillent jour et nuit sur le chantier, et jusqu'à 22.000 en 2013.
Cet ouvrage gigantesque symbolise les dilemmes de la sixième économie mondiale. Le Brésil a réduit drastiquement la déforestation de l'Amazonie et affirme avoir la source d'énergie la plus propre parmi les grandes économies. Mais il s'est aussi lancé dans de gigantesques projets d'infrastructure, dont des barrages et des routes en Amazonie pour accompagner son développement.
Belo Monte a gagné une notoriété mondiale avec la campagne menée contre le barrage par des célébrités comme le chanteur Sting et le réalisateur à succès de Titanic et d'Avatar, James Cameron.
Le chef indien brésilien Raoni, 82 ans, connu dans le monde entier pour son combat en faveur de l'Amazonie et des peuples indiens, avait demandé "l'arrêt" de la construction du barrage lors de la conférence sur le développement durable de l'ONU Rio+20 en juin à Rio de Janeiro.
Quelque 150 indiens ont récemment occupé pendant trois semaines l'un des quatre chantiers du barrage pour exiger que le consortium tienne ses engagements envers leurs communautés.
Norte Energia a accepté notamment de remettre immédiatement aux indiens des véhicules de transport et de construire des écoles et des postes de santé.

vendredi 29 juin 2012

Nos Centrales atomiques dans un triste état...

Le parc nucléaire français à l'heure des "travaux massifs" après Fukushima

PARIS - Fukushima est "en fait, devant nous" : l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a détaillé jeudi le calendrier des "travaux massifs" obligatoires pour sécuriser les centrales françaises.
Le "gendarme français du nucléaire", s'appuyant sur les conclusions de son audit post-Fukushima de janvier, impose notamment à EDF la création d'une "force d'action rapide" d'ici 2014 et, à plus long terme, d'un "noyau dur" dans chaque centrale permettant de limiter les conséquences d'un éventuel accident.
"Beaucoup pensent que Fukushima est derrière nous, mais c'est, en fait, devant nous", a résumé le directeur général de l'ASN, Jean-Christophe Niel, en marge d'une conférence de presse à Paris.
L'ASN a adopté 32 décisions portant sur 19 centrales exploitées par EDF, mais aussi 8 sites d'Areva (liés au combustible) et 5 sites du Commissariat à l'énergie atomique (CEA, pour le volet recherche).
Après l'accident de Fukushima, en mars 2011, l'ASN avait analysé le niveau de sûreté des installations françaises et en avait conclu qu'aucune centrale ne devait être fermée mais qu'il fallait en accroître la "robustesse".
Ces "travaux massifs" vont prendre plusieurs années, selon un "échéancier raisonnable", a précisé le président de l'ASN, André-Claude Lacoste.
La "force d'action rapide", un dispositif d'urgence permettant d'envoyer des équipes spécialisées et du matériel sur un site en moins de 24 heures, devra être capable d'intervenir sur un réacteur fin 2012 et sur tous les réacteurs d'une même centrale fin 2014, souligne l'ASN.
Facture évaluée à 10 milliards d'euros
Dans le cadre de l'élaboration d'un "noyau dur" dans chaque centrale, c'est-à-dire des locaux bunkerisés et des procédures renforcées adaptées à des situations de crise, l'ASN exige un système d'alimentation supplémentaire de sécurité par réacteur, au plus tard en 2018. Et un dispositif temporaire, plus léger, doit être installé d'ici un an.
Pour l'ensemble des travaux, EDF a évalué la facture à environ 10 milliards d'euros, a rappelé M. Lacoste, jugeant ce chiffre "pas invraisemblable".
EDF, dans un communiqué, a indiqué avoir "d'ores et déjà engagé un plan d'action" pour se conformer aux prescriptions.
Areva a souligné avoir remis à l'ASN "ses propositions techniques et d'organisation visant à renforcer la sûreté de ses sites en cas de situation extrême".
Greenpeace se pose pour sa part la question de "la pertinence de tels investissements" alors que "le nouveau président de la République a promis de faire baisser la part du nucléaire dans le mix électrique d'ici 2025".
Le président de l'ASN, lui, a évoqué un autre "point embarrassant" : le fait qu'il faudra peut-être 10 ans pour connaître le fin mot de Fukushima.
"Nous avons évidemment le devoir de prendre dès que possible des décisions pour améliorer la sûreté mais nous sommes amenés à les prendre sans être totalement sûrs d'avoir compris ce qui s'est passé", a indiqué M. Lacoste.
Concernant par exemple le fait, admis pour le moment, que seul le tsunami a provoqué la catastrophe alors que les installations ont, elles, bien résisté au séisme, le 11 mars 2011 : "à vérifier" pour le patron de l'ASN.
L'ASN, qui a par ailleurs dressé le bilan de ses inspections de 2011, a qualifié l'année d'"assez satisfaisante" en France.
Avec toutefois deux mauvais élèves en ce qui concerne les centrales : Chinon (Indre-et-Loire), "en retrait" en matière de radioprotection, et surtout Saint-Alban (Isère), en "queue de peloton" depuis plusieurs années.
Le Réseau Sortir du nucléaire a d'ailleurs évoqué jeudi une "grave lacune de sûreté" sur les réacteurs de trois centrales, dont Saint-Alban, pointant les possibles conséquences en cas de séisme. EDF a reconnu des "défauts" mais assuré qu'il "n'y a pas d'enjeu d'atteinte à la sûreté".