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mercredi 21 juillet 2010

catasrophiques sables bitumeux

Au Canada aussi le pétrole fait des ravages sur l'environnement...

Alors que le monde entier a les yeux rivés sur le Golfe du Mexique, des catastrophes environnementales au moins aussi importantes se passent dans l’indifférence générale. C’est le constat de l’ONG Corporate Ethics International, qui a saisi l’occasion de la marée noire pour lancer une campagne contre l’exploitation des sables bitumineux en Alberta, province de l’Ouest du Canada.

Sous le slogan «The other oil disaster», les ONG rassemblées par Corporate Ethics International, dont Les Amis de la Terre, appellent ainsi au boycott de l’Alberta par les touristes.

Pire que la marée noire

Michael Marx, le directeur de Corporate Ethics, est formel: «Nous pensons qu’il n’y a pas de comparaison possible. Les sables bitumineux sont bien pires». Ces sables, dont le principal gisement naturel se trouve en Alberta, sont un mélange de bitume brut (en moyenne, 11,5%), de sable, d’argile et d’eau. En les extrayant et en les transformant, on obtient du pétrole. Mais à un prix environnemental très élevé.

La forêt boréale est la première victime de ce nouveau filon pétrolier. Pour ouvrir les mines, il a fallu raser des hectares entiers de forêt, qui auront peu de chances de se reconstituer après l’exploitation. L’extraction des sables, à grands coups de pelleteuse et avec des allers et retours incessants de camions dégageant des tonnes de CO2, émet des gaz polluants, tels que le méthane ou l’anhydride sulfureux, responsable de l’acidification des lacs et des forêts. On estime que la production d’un baril de pétrole issu des sables bitumineux génère trois fois plus de gaz à effet de serre qu’un baril de pétrole classique.

Une compagnie pétrolière responsable de la mort de 1.600 canards

Des dégâts dans l’air, mais également dans l’eau. Le procédé de séparation des sables et du bitume consomme énormément d’eau, le plus souvent chauffée: il faut deux à cinq barils d’eau pour produire un baril de pétrole. Cette eau puisée dans les rivières de l’Alberta menace la région de sécheresse.

En échange, les industries pétrolières rejettent les eaux usées dans des bassins à l’air libre. Très toxiques, ces eaux tuent les animaux qui s’y abreuvent et dégagent des vapeurs gênantes et potentiellement dangereuses pour les hommes. En Juin dernier, la plus grande compagnie pétrolière canadienne, Syncrude Canada Ltd, a été condamnée en justice pour la mort de 1.600 canards qui s’étaient posés sur une des mares polluées.

Sauver l’Alberta, s’il est encore temps

Dernière touche au tableau: il faut utiliser du gaz naturel pour extraire le bitume, donc puiser dans une ressource fossile pour en exploiter une autre... Une logique que les compagnies pétrolières, alarmées par la vision du «peak oil» (le moment où les stocks de pétrole iront en décroissant) n’ont pas trouvé absurde: l’Alberta fournit 70% du pétrole exploité par le Canada et est depuis 2008 le premier fournisseur des Etats-Unis.

L’Alberta est aujourd’hui une province dévastée: le taux de cancers élevé, les difficiles conditions de travail dans les mines, le paysage ravagé en font une région fantôme. Les ONG ont donc décidé de sonner l’alarme, s’il n’est pas déjà trop tard: sur le site rethinkalberta.com, chacun est invité à signer la pétition pour freiner l’expansion des mines de sables bitumineux et convertir l’économie aux énergies renouvelables.

Audrey Chauvet

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